knysna n’en finit pas de nous livrer tous ses secrets enfouis depuis 2010

Les Bleus à Knysna
Les Bleus à Knysna

L’épopée de knysna — les joueurs de l’Equipe de France de football avaient délibérément fait grève en refusant de s’entraîner — n’a pas fini de nous livrer ses multiples  secrets

 

Knysna, quand les Bleus refusaient de descendre du bus

knysna : on se souvient tous du fiasco des Bleus en Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. A la surprise générale et à la stupéfaction du monde entier, les joueurs français refusèrent de descendre de leur bus pour aller s’entraîner. Des images qui firent le tour du monde. Ce qui se déroulait à Knysna était sans précédent. Que s’est-il donc réellement passé pour voir une équipe en arriver à faire grève, en pleine phase de Coupe du Monde ? En France, c’était bien sûr, la stupeur. Madame Roselyne Bachelot, alors ministre des sports, et sans doute prisonnière et victime d’un ignoble postulat politique — en France les politiques ont une opinion sur les banlieues de « racailles » et de voyous sans cervelle — va vite évoquer les petits caïds (principal visé : Frank Ribéry) qui feraient régner la terreur ; allusion aux « pauvres petits Blancs » Français de souche (principal visé : Yoann Gourcuff) qui seraient victimes des « loubards » des quartiers difficiles. Dernièrement, et comme si Madame Roselyne Bachelot voulait absolument enfoncer le clou et signifier ses incroyables incompétences et son inanité, elle est revenue sur Knysna. En effet, voulant voler au secours de Didier Deschamps — celui-ci est vivement critiqué par toute la planète foot pour ne pas avoir sélectionné Karim Benzéma — elle a dit en substance que le sélectionneur avait eu raison dans son choix puisque, selon elle, Karim Benzéma aurait été le responsable des désordres à Knysna. Inouï ! Ni Karim Benzéma, ni Samir Nasri ne furent retenus par Raymond Domenech. En 2010, Nicolas Sarkozy a vite recadré sa ministre des Sports et lui a rappelé que la Fédération Française de Football était indépendante et n’avait aucun compte à rendre au pouvoir politique.

Raymond Domenech revient sur Knysna et les injures attribuées à Nicolas Alnelka par le journal l’Equipe

Le journal l’Equipe avait rapporté des propos violents et injurieux (que je ne reproduirai pas ici, mais tout le monde s’en rappelle) envers le sélectionneur national et qu’aurait tenus Nicolas Anelka à Knysna. Or, très récemment, R. Domenech est, lui aussi, revenu sur ces fameuses paroles. Nicolas Alneka n’aurait pas prononcé de tels propos envers R. Domenech ; il l’aurait en fait tutoyé. Et pour le sélectionneur c’était un manque de respect; ce dernier considérait donc qu’il n’y avait plus de débat possible. Mais la question qui se pose est celle-ci : pourquoi Domenech n’a pas, immédiatement, fait un communiqué pour infirmer le gros titre du journal l’Equipe ? Cela aurait peut-être pu désamorcer la bombe et apaiser les tensions. Quant au tutoiement, la réponse parait disproportionnée. Je considère qu’il est du devoir des aînés de montrer la voie et de raisonner les plus jeunes. R. Domenech aurait, me semble-t-il, manqué de psychologie par rapport à un jeune « écorché vif » comme Nicolas Anelka. Jérôme Rothen poussera un coup de gueule : « Knysna ? Maintenant, on sait : Domenech était à 100% responsable ! »  

Mise au point de William Gallas qui était présent dans le bus

William Gallas, présent dans le bus ce jour-là à Knysna, a dévoilé sa vérité sur cet épisode. « La vérité, c’est qu’on ne devait pas s’entraîner, a-t-il raconté sur RMC. On a signé les autographes, on est montés dans le bus puis on devait partir. Raymond Domenech a demandé au chauffeur d’arrêter le bus. Si le bus ne s’arrête pas, il n’y a pas ce problème. Donc le responsable, c’est le sélectionneur ». Dans le reportage « Sélectionneurs », de Canal+, Raymond Domenech a, en effet, révélé avoir pris l’initiative de faire arrêter ce bus car « quelque-chose de louche se passait », « les regards se baissaient à la poignée de main du matin ». William Gallas n’a jamais été tendre avec Raymond Domenech. Dans un entretien aux Inrocks, il l’avait déjà chargé. « On n’a pas fait grève pour le plaisir. On a atteint un ras-le-bol. Il y avait des années de frustration. Le vrai problème, c’est le sélectionneur. C’est un constat. Je n’ai pas été bon, on n’a pas été bons. Mais le coach n’a pas été bon non plus. A un moment, il faut dire les choses… » Le défenseur n’avait notamment pas apprécié de ne pas avoir reçu le brassard de capitaine. « Le plus dur, c’est la façon dont ça s’est passé. Domenech ne m’a rien dit. Pendant l’Euro 2008, Thierry Henry était capitaine, j’étais vice-capitaine. Le coach venait nous voir quand il y avait un problème avec un joueur. Là, j’apprends par hasard avant le match contre le Costa Rica que le capitaine, c’est Evra. Je le constate en entrant dans le vestiaire : je m’assois et je vois le brassard. Le fanion du match est accroché sur son maillot. » Raymond Domenech a parlé de respect, s’agissant de Nicolas Anelka. Mais le respect ne fonctionne-t-il pas dans la réciprocité ? Comment se faire respecter si on ne respecte pas les autres ? Dans cette affaire, que ce soit le sélectionneur ou la ministre des sports, tous ont été particulièrement mauvais. 

Anecdote : Raymond Domenech avait dit de Zinédine ZIDANE : « Ce n’est pas une star lisse, ce n’est pas un gentil mec. Il est capable de tout, et c’est ce qui en fait un dieu humain. » Réponse de l’intéressé : « Qu’est-ce que je peux répondre ? Il a son opinion et la défend. Il me connait très bien. Il sait ce que je pense de lui et je ne vais pas commenter davantage » 

Touhami Moualek

   

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