Les Fennecs sont dans une phase cruelle et difficile de reconstruction

Les Fennecs algériens qualifiés pour le second tour de la coupe du Monde 2014 au Brésil
Les Fennecs algériens qualifiés pour le second tour de la coupe du Monde 2014 disputée au Brésil

 

Les Fennecs sont dans la tourmente et le désarroi. Les résultats catastrophiques s’accumulent alors que nous approchons de la prochaine CAN

 

Les Fennecs sont au bord du précipice, en pleine débâcle

On se souvient tous de ce match héroïque resté dans les mémoires et salué par toute la sphère du football international. C’était au Brésil, en 2014, face à la grande Allemagne, déjà battue par les Fennecs en Espagne, lors de la coupe du monde de 1982. L’Algérie ne s’inclinera finalement qu’à la prolongation, non pas parce que les Allemands étaient meilleurs, mais grâce à l’expérience des joueurs Allemands plus rodés à ce niveau de la compétition. Les Fennecs sortaient de la compétition, mais la tête haute, salués par tous les amoureux du football. Il leur a manqué un petit rien pour récidiver et battre les futurs champions du Monde. C’est Vahid Halilhodzic (Bosnien) qui était aux commandes. Partout où l’Algérie passe, elle écrit l’Histoire, marque de son empreinte les esprits. Une telle génération dorée ne pouvait que continuer à gravir les échelles et aller toujours plus loin, plus haut, que ses aînés, pensait-on. Or, les Fennecs ont été dans l’incapacité de se qualifier pour la phase finale de la coupe du monde 2018 en Russie, après deux qualifications consécutives : 2010 et 2014.

Et puis, dans la foulée, Vahid Halilhodzic quitte son poste, fatigué, voire personnellement touché et attristé, par la terrible pression exercée par la presse algérienne, avec laquelle il aura eu beaucoup de peine à s’entendre et communiquer, mais aussi les ferveurs excessifs, sans commune mesure, d’un peuple d’Algérie littéralement fanatisé et tout acquis à la cause des Fennecs, et qui bien sûr attendait des résultats immédiats. Ce qui était légitime, si l’on se réfère aux joueurs Algériens de grand talent et de niveau mondial évoluant dans les plus grands clubs d’Europe. A titre personnel, je pressentais déjà que cette équipe était en train de passer à côté d’un parcours exceptionnel. L’avenir allait, hélas, me donner raison. Une similitude avec la Côte d’Ivoire de Didier Drogba. En effet, la Côte d’Ivoire comptait de très grands joueurs, mais n’obtint aucun titre.  

Christian Gourcuff lâche les Fennecs après une CAN-2015 ratée

Christian Gourcuff succédera à Vahid Halilhodzic à la tête des Fennecs. Il stabilisera l’équipe, sans plus. Aucune progression notable dans le jeu, mais une régression dans la disciple, l’implication, la motivation, l’envie. On voyait déjà s’installer des lacunes dans le jeu de l’équipe ; des tensions au sein du groupe algérien naissaient. A la suite d’une CAN-2015 globalement ratée, le technicien français remettra sa démission. Ce que l’on pourrait appeler un abandon de poste, un renoncement. C’est le début de la dégringolade vertigineuse des Fennecs. Suivront trois autres entraîneurs — respectivement : Milovan Rajevac, Georges Leekens, Lucas Alcaraz — qui ne convaincront personne. Le Président de la FAF — Mohamed Raouraoua — remettra sa démission en 2017, après une nouvelle CAN tristement manquée. Actuellement, c’est Rabah Madjer qui est au poste de sélectionneur national ; Kheïreddine Zetchi est Président de la FAF. Un début de polémique va diviser et créer une cassure irrémédiable dans le groupe des Fennecs. En effet, des abrutis — et je pèse mes mots — n’ont rien trouvé de mieux pour remonter le moral des joueurs que de faire un distinguo entre joueurs nationaux et binationaux. Une erreur fatale et impardonnable qui exigeait des sanctions et des démissions sur le champ. Mais rien. De démenti en démenti, d’excuse en excuse, le staff algérien est resté en poste. Au sein de l’Equipe Nationale, la pire des choses qui pouvait arriver, arriva : des clans se sont formés. On touche le fond. On est dans la tourmente. Une crise va s’installer durablement. Les joueurs sont démotivés, doutant de leurs dirigeants, d’eux-mêmes. Une pléiade d’entraîneurs successifs ne suffira pas à régler les problèmes. Les Fennecs sont affectés, terriblement blessés dans leur orgueil ; le peuple rage et s’enflamme. Le torchon brûle. Il faut réagir et très vite.  

Rabah Madjer a été un grand joueur, mais cela ne suffit pas pour être un grand entraîneur

A la tête des Fennecs, on savait que Rabah Madjer aurait fort à faire. Que sa mission serait très délicate, voire impossible. On sait l’homme doté d’un fort caractère et qui entretient son image sur ce qu’il a apporté à l’équipe Nationale. Sûr de lui, imbu de sa personne, n’aimant pas trop les critiques et qu’on le contrarie, Madjer était-il vraiment l’homme de la situation ? Après tout, au point où en était l’équipe, pourquoi pas. De plus, Madjer est Algérien ; un sentiment national pouvant apporter un plus. On connait la politique du sélectionneur algérien qui préfère privilégier les joueurs locaux (Nationaux). Les plus grands joueurs au monde évoluent en Europe, parce que c’est là qu’il y a les plus grands clubs et les meilleurs centres de formation — notamment en France — mais monsieur Madjer préfère les joueurs évoluant dans le championnat algérien (qu’il faut respecter). Lui-même n’a-t-il pas fait carrière à Porto ? Quand on a un joueur binational qui opte pour l’Algérie, il ne faut pas le bouder, il faut vite mettre la main sur lui. Ce n’est semble-t-il pas la politique de Rabah Madjer. Il suffit de regarder la composition de ses dernières équipes. Comment peut-on se passer d’un Nabil Taïder, d’un Sofiane Feghouli ou d’un Raïs M’bolhi ? Quelle erreur ! C’est tout simplement impensable. Les résultats enregistrés par Madjer, à ce jour, sont d’ailleurs un fiasco, une véritable humiliation pour le football algérien. Je n’ose même pas imaginer le match amical qui va opposer (le 7 juin prochain) les Fennecs aux Champions d’Europe (Portugal). Avec un Christiano Ronaldo en forme, cela risque de tourner au cauchemar.

Avec ou sans Rabah Madjer — ce dernier devrait désormais réfléchir et penser avant tout aux intérêts de l’Equipe Nationale — il va maintenant falloir faire table rase, tout remettre à plat et repartir de zéro. Tout rebâtir, reconstruire, remettre à niveau, à commencer par la discipline que Vahid avait su imposer à tous les joueurs, tout le staff. L’Algérie a, de tout temps et en toute occasion, montré la voie à tout le football africain. Qui peut le contester ? Alors, bon sang, debout et relevez la tête ! Le football est un jeu qui procure du plaisir et les Algériens sont des Artistes.

Touhami Moualek

 

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