Liamine Zeroual aurait pu assurer la transition en Algérie – INFOSPLUS

Liamine Zeroual, ancien Président de l’Algérie, écarte toute possibilité de retour

Le général Liamine Zeroual, Président de la République algérienne de 1994 à 1999, initiateur du pluralisme politique, aurait pu jouer un rôle important dans la transition qui se déroule actuellement en Algérie.

Liamine Zeroual assiste à une réunion organisée secrètement

A la suite du retrait du Président Abdelaziz Bouteflika (candidat à un cinquième mandat), sur pression de la rue, de nouvelles perspectives politiques, économiques et sociales s’offrent à l’Algérie. Le Président sortant avait demandé un délai raisonnable qui lui permettrait d’organiser sa succession. Il prévoyait de nouvelles Institutions ainsi que des élections libres. Voyons comment Liamine Zeroual a été remis au devant de la scène de manière très discrète.

Le Peuple algérien a refusé une transition assurée par le Président en exercice, considérant qu’il se sentait floué. En effet, la rue voulait un départ de Bouteflika sans aucune condition, et avec lui le départ de tous ses proches. Finalement, Abdelaziz Bouteflika annoncera une démission avant le 28 avril. Sur pression de l’armée (l’ANP) il démissionnera le 2 avril 2019 ; démission acceptée par le Conseil constitutionnel le lendemain.

Liamine Zeroual écarte tout retour au pouvoir

Sollicité par Mohamed Mediène (connu sous le nom de Toufik), ex-responsable du Département du Renseignement et de la Sécurité, et par Saïd Bouteflika (frère et conseiller du Président), Liamine Zeroual refuse toute intervention dans le processus de transition politique et confie :  » En me proposant de faire un nouveau mandat, vous me faites honneur. Je devrais en principe sauter de joie. Mais je suis triste, très triste pour l’Algérie, que vous me proposiez de revenir au pouvoir après que je l’ai quitté en 1999. Mes enfants, j’ai 72 ans. Même avec toutes les bonnes volontés du monde, un président âgé et malade ne peut accomplir convenablement ses missions. L’Algérie a des jeunes, il faut qu’on leur donne l’occasion de prendre le pouvoir, comme l’a fait Barack Obama.  » Pour ma part, je citerai aussi le nom d’Emmanuel Macron.

Gaïd Salah, Chef d’Etat-major atterré par la présence de services secrets étrangers

Le chef d’Etat-major algérien, Ahmed Gaïd Salah, apprend la tenue de cette réunion secrète, entreprise à l’initiative de Toufik (général mis à la retraire par Bouteflika), et est informé qu’il y aurait eu, au sein de cette réunion, la présence des services secrets français. Notons qu’Ahmed Gaïd Salah est toujours resté fidèle et loyal envers Bouteflika. Aussitôt, l’armée, par la voix de Ahmed Gaïd Salah, un des derniers survivants ayant participé activement à la lutte d’Indépendance (il est important de le souligner), exige d’Abdelaziz Bouteflika une démission immédiate. Le frère du PrésidentSaïd Bouteflika s’exécutera et la démission est annoncée officiellement.

Armée (ANP) et peuple sont en phase, mais…

L’Armée Nationale Populaire algérienne s’est rangée du côté du peuple et veut un processus électoral dans le strict respect de la Constitution et des Institutions ; depuis l’arrivée de Bouteflika l’armée s’est cantonnée à ses prérogatives : protection du peuple et du territoire national. De ce côté, l’armée s’est plutôt « professionnalisée » et ne veut plus s’immiscer dans la politique. Elle considère que c’est le rôle des élus politiques. Bouteflika aura au moins réussi ce pari fou.

Quant au peuple, il veut tourner la page mais n’entend pas se conformer à la Constitution, contestant le Président par intérim, Abdelkader Bensalah, au prétexte que ce dernier fait partie du « système ». Une attitude irresponsable qui, à mon avis, peut se révéler très périlleuse.

On peut changer de Constitution, mais à partir de celle existante, en l’adaptant, en la transformant. Partir du vide serait la porte ouverte à l’anarchie. A l’étranger, beaucoup sont sur les starting-blocks et n’attendent qu’une chose : une déstabilisation, ce qui leur leur permettrait de s’ingérer dans les affaires du pays. La suite, on l’imagine aisément.

Touhami – INFOSPLUS

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.