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Pourquoi l’Algérie de l’après Bouteflika peine à voir jour ? INFOSPLUS

L'Algérie de l'après Bouteflika s'invite dans la rue
L’Algérie de l’après Bouteflika s’invite dans la rue

L’Algérie de l’après Bouteflika s’inquiète et descend dans les rues d’Alger et d’autres grandes villes algériennes.

Bouteflika n’a pas tout réussi mais il a fait l’essentiel

Pourquoi l’Algérie de l’après Bouteflika inquiète tant ? On sait ce que le Président actuel, Abdelaziz Bouteflika, a apporté à l’Algérie depuis qu’il est arrivé au pouvoir en 1999. La concorde civile a permis une stabilisation sociale et politique du pays. De vastes travaux ont été entrepris et des infrastructures importantes ont permis un développement du pays, notamment dans le domaine du logement social, des routes, autoroutes, métro et ferroviaire. La dette du pays a été parfaitement maîtrisée et l’Algérie a su se doter de réserves financières en prévision de chutes brutales du cours du Brent.

Le Président Abdelaziz Bouteflika est d’un charisme incontestable et incontesté. Il est celui qui aura su s’imposer dans l’espace politique, mais également parmi les hauts gradés de l’armée nationale populaire (ANP), ce qui n’est pas un mince affaire. En effet, il a eu l’audace et le courage d’expédier quelques généraux, non des moindres, à la retraite. Au sein même de l’armée, et même s’il y a des clans, Abdelaziz Bouteflika inspire et impose le respect. L’ANP s’est dotée de matériels militaires qui assurent au peuple algérien de puissants moyens de défense.

Mais l’essentiel est-il suffisant ?

Mais l’échec aura été de ne pas avoir pu (ou su assurer) un avenir à la jeunesse algérienne. Une jeunesse qui désespère. On reproche, aux pouvoirs algériens successifs, d’acheter la paix sociale grâce à la rente des hydrocarbures. Une facilité qui connait ses limites. Cela étant précisé, on peut imputer au Président Bouteflika l’échec de ne pas avoir suffisamment mis le cap sur des moyens volontaristes de sortir le pays de sa dépendance aux hydrocarbures.

Cependant, des moyens importants ont été entrepris, notamment dans les domaines de l’agriculture. Aujourd’hui, l’Algérie atteint une autosuffisance et envisage de se lancer à l’exportation. Des produits, de toute nature, que l’Algérie peut produire ont été interdits à l’import, faisant hurler l’Union Européenne qui accuse l’Algérie de ne plus honorer ses accords commerciaux. Mais le résultat a été probant et crée une saine prise de conscience des Algériens quant à une autre politique économique productiviste. Il en va de même dans les domaines de la recherche, du développement, de la formation et de l’innovation. Des investissements énormes ont été consentis et finiront par donner des résultats.

La corruption reste un le fléau national. Mais accuser le seul pouvoir serait une erreur. Elle existe à tous les niveaux de la population et tout le monde y recourt. En effet, il ne s’agit pas simplement des nantis, mais de toute la population. La corruption ne pourra être vaincue qu’en informant et en appelant à une prise de responsabilité individuelle de chaque Algérien. Bien sûr, on attend que le sommet montre l’exemple ; condition sine qua non pour une totale éradication.

L’après Bouteflika inquiète mais il est indispensable de le préparer avec ou sans un cinquième mandat

La raison voudrait qu’un homme malade, visiblement dans l’incapacité de tenir le rôle difficile de Président, renonce à postuler à un autre mandat. Mais est-ce réellement le Président Bouteflika qui décide ? N’existe-t-il pas, dans l’ombre, une alliance, unie par des intérêts communs, qui prend le président en otage sur prétexte que celui-ci est majoritairement aimé du peuple, mais aussi parce qu’il est physiquement très diminué ? On entend cela dans l’opinion.

Mais dans le subconscient de tout Algérien, subsistent des traumatismes, des séquelles dues à la décennie noire qui marqua tout le pays. Cette sombre période est encore très présente dans la mémoire collective. Les souffrances et les atrocités vécues durant cette sinistre page de l’histoire ont sociologiquement affecté et modifié les comportements.

Je dis donc, à l’adresse de la diaspora algérienne, empreinte de la culture occidentale, qu’il faut réellement vivre en Algérie pour comprendre les réalités sociales et politiques du pays. Il ne faut pas jeter de l’huile sur le feu en appelant à des manifestations qui pourraient vite dégénérer et nous serions alors les premiers à en regretter les conséquences.

Le Président Abdelaziz Bouteflika est celui qui a mis fin au terrorisme aveugle et bestial et assuré une nouvelle page de fraternité et de paix sociale en Algérie. Même si les blessures morales sont toujours présentes au sein de la population.

L’après Bouteflika est un pas qu’il faudra bien franchir

Bouteflika est celui qui a mis un terme, brisé la violence, marqué une rupture avec cette barbarie. Et personne ne lui a succédé depuis. Cela a forcément un impact dans la conscience de tout citoyen, et explique le fait que des Algériens, dont je fais partie, cautionnent inconsciemment ce cinquième mandat. Parce qu’il existe des inquiétudes, des interrogations et des incertitudes sur l’avenir. Cet homme (Abdelaziz Boutéflika) est à l’origine de la construction d’une digue entre l’Algérie d’aujourd’hui et celle qui fut hier laissée aux mains de prétendus frères musulmans. La peur que cette digue rompt est dans tous les esprits. Certes, la page a été tournée. Mais comment conjurer le sort ? L’Algérie hésite encore.

Pourtant, il faudra bien assurer la succession. Et ce n’est qu’avec des Institutions fortes, solides et à l’épreuve du temps que l’Algérie pourra enfin rentrer dans des périodes pérennes de stabilité et assurer un avenir à sa population. Avec autant de richesses dues à ses matières premières, autant de cerveaux, et une jeunesse — qui représente plus de 75 % de la population — qui ne demande qu’à s’exprimer, pourquoi donc l’Algérie tarde à décoller ?

Les Algériens ne doivent pas prêter attention aux chants des sirènes venus d’ailleurs. Qu’ils voient ce que sont devenues la Libye et la Syrie. On ne joue pas avec sa Patrie. La diaspora algérienne a un rôle essentiel à jouer à ce niveau. Et je suis sûr que la raison l’emportera sur la folie, que la sagesse guidera le pays.

Touhami – INFOSPLUS

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