Russia 2018 : la coupe du monde des surprises sans vraiment surprendre

Mbappé - Cavani quart de final France Ukraine Russia 2018
Mbappé – Cavani : quart de final France Ukraine Russia 2018

Magnifique Coupe du Monde Russia 2018, avec toutes ces interrogations qui resteront secrètes, au tréfonds des âmes, des esprits de chaque joueur présent. Que le meilleur gagne, avec ou sans la hargne patriotique !

 

Russia 2018 : la coupe est pleine

Au cours de cette Coupe du Monde Russia 2018, nous avions déjà des absents de grande renommée (pour cause de non qualification) : Italie, Pays-Bas, Turquie, Ghana, Côte d’Ivoire, Ukraine, l’Algérie qui avait accompli un excellent parcours au Brésil en 2014 salué par le monde entier… Mais l’Algérie montre la voie, ouvre les portes et s’arrête toujours sur le bas-côté, laissant à d’autres la mission de finir le travail. Il lui faudra bien un jour conjurer le sort et parvenir à se hisser au niveau des Grandes Nations de football ; tout le mal qu’on lui souhaite. Tous ces indices présageaient déjà que nous connaîtrions, dans cette belle et magnifique Coupe Russia 2018, d’énormes surprises. Et ce fut précisément le cas. En effet, nous avons eu la chute des grands dès le premier tour : les Allemands, Champions du Monde en titre. Que l’on aime ou que l’on n’aime pas l’Allemagne, une suite de la compétition sans la Mannschaft, c’est comme tirer une galette des rois sans couronne, sans fève. Il y a une amertume, une désillusion ; un monde s’écroule. Les Allemands nous ont habitués à tout gagner ; les voir battus nous déstabilise, nous fait perdre nos repères, nous inquiète. Alors, on se sent un peu orphelin, malgré soi. Puis, les Portugais, Champions d’Europe en titre, sortiront à leur tour. L’Espagne et l’Argentine prendront également la porte de la sortie de ce Russia 2018, décidément farceur. Une véritable hécatombe pour des équipes nationale comptant en leur sein des joueurs de dimension mondiale et hors pair. Nous étions nombreux à s’attendre à des surprises, mais là nos attentes ont été plus qu’exaucées. Mais alors, pourquoi ces contre-performances, ces matches ratés, ces mini-catastrophes nationales mal vécues par des peuples plongés dans un profond désarroi ?

Russia 2018 : la coupe qui révèle les malaises et les paradoxes des joueurs pros

Tout d’abord, un être humain — même si les avancées scientifiques permettent d’aller toujours plus loin — connaît des limites. Les championnats de chaque pays, notamment ceux qui ont un championnat de très haut niveau, sont de plus en plus difficiles ; les qualités sportives et les exigences sur un plan disciplinaire sont extrêmement rigoureuses. Un match disputé tous les trois jours en moyenne, d’une intensité et d’un engagement sportif éprouvants, cela exige des efforts physiques et mentaux phénoménaux. On se demande même comment font les joueurs pour tenir un tel rythme. De plus, les coupes du monde se disputant en fin de championnat, de coupes nationales et internationales (Champions LeagueEuropa League), l’on comprend aisément que les joueurs arrivent saturés et très éprouvés au coup d’envoi. C’est leur métier, me rétorquerez-vous ! Certes, mais ils ne sont pas des machines. Ce ne sont que des êtres humains avec leurs forces et leurs faiblesses, tant physiques que mentales.

Ensuite, il y a également un autre facteur, hormis ceux énumérés ci-dessus, qu’il ne faut pas négliger. Nous savons, en effet, que l’argent pollue, travestit, pervertit la société et les hommes. Je n’invente rien. Je ne vais pas partir dans une diatribe anti-argent, anticapitalisme. Tel n’est pas le but de mon exposé ; et ce serait trop simpliste. Mais voyez-vous, les joueurs de football, présents dans ce Russia 2018, sont des professionnels. Ils jouent, pour beaucoup d’entre eux, dans les clubs plus plus renommés et sont rémunérés en centaines de milliers d’euros mensuellement. Je ne remettrai pas le patriotisme des joueurs en cause, ce serait leur manquer de respect. Simplement, quel avantage aurait un joueur, payé au tarif fort, à se blesser et mettre ainsi en péril sa carrière au sein de son club ? Pourquoi je m’interroge ? Parce qu’entre jouer pour sa Patrie occasionnellement et jouer pour son employeur annuellement, inconsciemment un joueur songe à ce dilemme. Un choix s’opère et le joueur ne peut l’ignorer. Et, selon ce que nous avons pu, plus ou moins, observer, préférence serait donnée aux clubs. C’est humain, c’est le système qui l’impose. Nous voyons bien l’inquiétude du PSG — Paris Saint-Germain — face à la blessure d’Edinson Cavani : jouera-t-il le match contre la France au risque d’aggraver sa blessure, ou ne jouera-t-il pas ? On peut s’interroger sur une intervention des dirigeants du PSG, même si cela leur est strictement interdit par les instances de la FIFA. Tout le problème d’un pays qui a un droit national indéniable sur ses meilleurs joueurs et les droits contractuels d’un club qui paie très cher ses stars internationales (ou non). Et l’on sait — je nous apprendrai rien — que l’argent domine tout et c’est lui qui, finalement, atteint toujours tous ses buts. Russia 2018 : c’est aussi l’argent Tsar (star) !

La mondialisation, la globalisation rend les hommes apatrides et seul le profit leur profite, tellement l’argent roi dicte ses lois. Le football est devenu une industrie ; et comme toute industrie, il faut la rentabiliser. La Patrie parait bien loin du roi dollar et de la mainmise de sa money.

Touhami Moualek

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