Partager et Vivre l'Info – Courriel (email) : [email protected]

S’arrêter et réfléchir ou suivre et ne rien dire ? A vous de me le dire

S'arrêter et réfléchir, suivre et ne rien dire ? A vous de me le dire
S’arrêter et réfléchir, suivre et ne rien dire ? A vous de me le dire

S’arrêter et réfléchir ou suivre et ne rien dire? Les tourments de ce monde m’oppressent et je ne sais que faire, que penser. Peut-être suis-je arrivé au point de rupture, là où l’on comprend que tout reste à comprendre. Il reste tant de chemins à parcourir

S’arrêter et réfléchir ou suivre et ne rien dire ?

Aujourd’hui, l’actualité est encore passée par là. Et les passants suivent, tels des moutons, tels des fantômes, sans visages et sans image. Ainsi va le cours de la vie. Ainsi est rythmée notre vie, aux bruits des tambours, des sirènes, des rafales de kalachnikovs, des éditions spéciales faites de nouvelles plus alarmantes. Y a-t-il eu des morts ? Combien ? L’émotion est l’une des puissantes armes des médias. Ces derniers en jouent, en surajoutent, se déchaînent. Plonger des millions, des milliards de gens dans la pitié, la commisération, les transformer en victimes des uns, en bourreaux des autres. Tout s’entremêle, s’imbrique, s’entrechoque, échappe à notre contrôle ; le monde vacille et pourtant il tient bon ; combien de temps encore avant la phase finale ? Que penser, que dire, que faire ? S’arrêter et réfléchir, suivre et ne rien dire ? Se terrer ?

Le monde est dans une dangereuse pente. Les uns iront à droite, les autres à gauche, certains continueront tout droit. J’entends des appels à la haine, au meurtre, au nom d’une foi, d’une religion, d’une Ethnie, d’une idéologie, d’un système, d’une République, d’un parti. Le monde est devenu fou, emporté par une schizophrénie, une phobie, une démence. La psychose règne, la raison abdique. Le crétinisme veille, la conscience dort. Tout le monde crie à mort, hurle son désarroi. La terre se dérobe sous nos pieds, tout le monde se raccroche à quelque chose ; le citoyen que je suis s’accroche à la République, comme on s’accrocherait à une bouée de sauvetage. S’arrêter et réfléchir, suivre et ne rien dire ? Il y a des matins où on se dit à quoi bon courir, à quoi bon se lever ? Plutôt dormir, il y a encore tant de chemins à parcourir.

Les maux que je ressentais à leur âge sont hélas encore bien présents

S’arrêter et réfléchir, suivre et ne rien dire ? A vous de me le dire. Citoyen français, j’ai néanmoins une particularité. Oui, en ces temps difficiles, être Musulman expose au lynchage, aux regards suspicieux, à la défiance, au mépris, aux soupçons, à l’interrogation, à l’exclusion et au rejet. Je n’aime ni la victimisation, ni les apitoiements. Je n’aime ni me montrer, ni que l’on me montre du doigt. Ce n’est ni mon style, ni la fabrique de mes idées, ni le standard d’un idéal que je garde au fond de mon âme. Mais voilà, j’ai des convictions, de profondes convictions. Et m’en déposséder reviendrait à me condamner à errer. Pourtant, citoyen français que l’on dit intégré, je n’ai eu de cesse de vous mettre en garde contre l’inégalité des chances, la discrimination, la ghettoïsation, le repli identitaire dû à l’exclusion et au ressentiment d’être considéré comme un citoyen de seconde zone.

La colère monte, les rancœurs sont ancrés. Je n’ai pas à vous imposer mon mode de vie. J’ai juste une religion à laquelle je tiens. Je n’ai pas à vous dicter mon mode de pensée, je le garde pour moi. Je n’ai aucunement l’intention de vous priver de liberté, mes parents se sont battus, en Algérie, pour cette même liberté chérie. Mais là où je m’inquiète au point où j’en ai le cœur brisé, c’est bien de regretter qu’après une cinquantaine d’années passées en France, je m’aperçois, à quelques légères variables près, que mes enfants ressentent les mêmes malaises, les mêmes maux, les mêmes doutes que je ressentais à leur âge. S’arrêter et réfléchir, suivre et ne rien dire ? Je choisis de réfléchir et ne rien dire, de suivre sans jamais m’arrêter. Il y aura bien un matin enchanteur où je pourrai me lever et serrer les poings non pour me défendre, mais bien pour crier victoire ; la victoire de mes rêves sur mes cauchemars. 

S'arrêter et réfléchir ou suivre et ne rien dire ? A vous de me le dire

 Touhami – INFOSPLUS 

0 0 voter
Évaluation de l'article
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x
()
x
Subscribe To Our Newsletter
Enter your email to receive a weekly round-up of our best posts. Learn more!