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Analyse intéressante émise par Khalil Nasrallah (journaliste)
Trump cherche à faire échouer toute initiative iranienne et omanaise visant à percevoir des taxes environnementales, de sécurité et de services dans le détroit d’Ormuz, et affirme que celui-ci doit rester ouvert sans taxes.
Trump lui-même révèle l’un de ses nouveaux objectifs : que Washington perçoive des taxes pour ce qu’il appelle la « surveillance du détroit d’Ormuz », comme s’il s’agissait d’une région isolée où Téhéran et Mascate n’ont aucune souveraineté.
Cette déclaration justifie les actions de Téhéran, quelles que soient les positions de certains pays de la région et du monde à ce sujet.
Le contrôle du détroit implique les pays de la région qui le surveillent, et Washington, avec ses intentions, menace la sécurité du détroit et de la région, selon le récit iranien.
Cette analyse de Khalil Nasrallah met le doigt sur le cœur de la bataille juridique et géopolitique qui se joue actuellement autour du détroit d’Ormuz. Le bras de fer entre les déclarations de Donald Trump et la position de Téhéran (soutenue par Mascate) illustre parfaitement le choc de deux visions opposées de la légitimité maritime.
Décryptage des deux logiques qui s’affrontent sur ce dossier
1. La position irano-omanaise : souveraineté et compensation
Pour Téhéran et Oman, le détroit d’Ormuz n’est pas une voie internationale triviale libre de tout droit ; leurs eaux territoriales s’y croisent. L’argument mis en avant par ces pays repose sur plusieurs aspects :
- Coûts environnementaux et de sécurité : le passage de millions de barils de pétrole par jour impose une charge de surveillance, de gestion des risques écologiques (marées noires) et de sécurité dont ils estiment devoir être dédommagés.
- Levier de négociation : instaurer une taxe ou un « péage » est une manière pour l’Iran d’affirmer son contrôle physique sur ce goulet d’étranglement stratégique face aux sanctions occidentales.
2. La stratégie de Washington : l’argument du « gardien »
La rhétorique de Donald Trump, qui s’oppose aux taxes locales tout en évoquant la possibilité pour les États-Unis de percevoir une redevance pour « services rendus » ou « surveillance », s’appuie sur une logique différente :
- La liberté de navigation : les États-Unis et la majorité des puissances maritimes considèrent le détroit comme un passage international régi par le droit de la mer (transit sans entrave). Selon cette vision, aucun État riverain ne peut imposer de péage unilatéral sur le commerce mondial.
- L’externalisation des coûts de sécurité : en proposant un péage américain ou en exigeant que les alliés (OTAN, pays asiatiques) paient pour sécuriser la zone, Washington applique une logique transactionnelle : « Si l’armée américaine sécurise la zone pour le monde entier, le monde doit payer Washington, pas Téhéran. »
Le nœud du problème : comme le souligne le texte, la contradiction de Trump (refuser une taxe souveraine mais envisager une taxe de surveillance américaine) offre un argument de choix à la diplomatie iranienne. Pour l’Iran, cela valide l’idée que la présence américaine n’est pas neutre ou purement défensive, mais qu’elle cherche à supplanter la souveraineté des pays de la région à des fins économiques et politiques.
Il convient de souligner que le détroit d’Ormuz est situé dans les eaux territoriales de l’Iran et d’Oman. Cela permet, de manière évidente, aux autorités iraniennes d’affirmer qu’elles n’accepteront aucune ingérence extérieure dans la gestion du détroit d’Ormuz.

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