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Nouvelles anxiogènes et impact sur notre bien-être

Nouvelles anxiogènes et impact sur notre bien-être

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Conflits, désastres, crises, tensions politiques… À force de notifications et d’alertes incessantes, l’information pourrait bien déborder dans nos moments de détente. Comment s’informer sans être accablé d’informations ? Quelques repères pour prendre du recul par rapport à ce flux d’informations.

Il est parfois suffisant d’allumer son téléphone au réveil pour prendre connaissance d’une nouvelle préoccupante. Ensuite, une autre. Une notification, une vidéo, un commentaire, une analyse… Avant même d’avoir entamé sa journée, on éprouve déjà la sensation d’être immergé dans une série d’événements d’une gravité notable.

La difficulté ne réside pas dans le fait de s’informer. Au contraire, il est primordial de saisir les événements qui se déroulent dans notre environnement. Cependant, lorsque l’information devient omniprésente, il peut s’avérer judicieux de reprendre le contrôle sur sa manière de la consulter.

Pourquoi certaines informations nous émeuvent-elles tant ?

L’ensemble des informations ne suscite pas nécessairement des réactions identiques. Les situations qui évoquent une menace, la violence ou l’incertitude peuvent, de manière naturelle, engendrer une émotion profonde. Cela est d’autant plus authentique lorsqu’ils résonnent avec une expérience personnelle ou touchent à un sujet qui suscite une sensibilité particulière.

À cela s’ajoute la notion de répétition. Une image identique observée à plusieurs reprises, une série de témoignages ou des heures de commentaires relatifs à un événement peuvent créer l’illusion que celui-ci est perpétuellement présent.

Ce que l’on observe le plus fréquemment n’est pas nécessairement ce qui occupe la plus grande place dans la réalité. Le mode de fonctionnement de l’information, en particulier dans un contexte continu et sur les réseaux sociaux, favorise les événements susceptibles d’attirer l’attention.

Prendre conscience de cela représente déjà une première étape vers l’acquisition d’un certain recul.

Le réflexe à éviter : vérifier encore et encore

Lorsque nous sommes préoccupés par une nouvelle, notre première réaction peut consister à rechercher des informations complémentaires. Une nouvelle consultation, suivie d’une autre, dans l’espoir de découvrir un élément apaisant ou une explication complémentaire.

Cependant, ce réflexe peut rapidement se transformer en une habitude répétitive. Entre deux mises à jour significatives, il est fréquent de constater la récurrence des mêmes faits, assortis de nouveaux commentaires ou de nouvelles hypothèses.

Mieux vaut choisir ses rendez-vous avec l’actualité

Au lieu de suivre les événements de manière continue, pourquoi ne pas établir certains moments dans la journée pour se tenir informé ?

Désactiver certaines notifications, s’abstenir d’utiliser des applications d’actualité durant les heures de repos ou choisir de fermer son fil d’actualité après avoir pris connaissance des informations essentielles constituent des actions simples.

L’objectif n’est pas de mener une existence isolée du monde. Il convient de ne plus permettre au flux d’informations de déterminer à lui seul notre attention.

Une alerte n’est pas toujours une information nouvelle

Une autre source de confusion réside dans le fait que tout ce qui s’affiche sur notre écran ne revêt pas le même statut.

Une dépêche fait état d’un événement. Un journaliste peut procéder à son analyse. Un expert est en mesure de l’interpréter. Un internaute peut exprimer son avis. D’autres utilisateurs peuvent réagir à cette opinion.

En l’espace de quelques minutes, un unique événement peut ainsi engendrer des dizaines de contenus.

Acquérir la capacité de différencier les faits des commentaires permet d’éviter de confondre la quantité de contenus avec celle des informations.

Lorsqu’un sujet suscite une anxiété considérable, il peut s’avérer judicieux de se référer aux sources qui relatent les faits, plutôt que de multiplier les réactions et les interprétations.

Revenir à une question élémentaire : que sait-on vraiment ?

Au cours des premières heures d’un événement, il arrive que les informations soient incomplètes et susceptibles d’évoluer. Les premières estimations, les témoignages ainsi que les hypothèses ne sauraient être considérés comme définitifs.

Avant de partager ou de continuer à suivre une information, quelques questions peuvent aider :

  • Le fait est-il confirmé ?
  • Quelle est sa source ?
  • S’agit-il d’une information nouvelle ou d’une reprise ?
  • Ce que je lis relève-t-il du fait, de l’analyse ou de l’opinion ?

Cet exercice a pour objectif d’établir une hiérarchie au sein d’un flux qui, par moments, en est dépourvu. Il souligne en particulier qu’il est parfois admissible de ne pas posséder toutes les connaissances de manière instantanée.

En parler, plutôt que rester seul face à son écran.

Une actualité préoccupante peut occuper une place considérable lorsqu’elle est suivie de manière isolée, téléphone en main. Discuter de ses émotions avec un proche peut parfois permettre d’exprimer son ressenti et d’acquérir une perspective différente.

La discussion peut également s’écarter du thème qui suscite des préoccupations. Évoquer d’autres sujets, partager un repas, sortir pour profiter de l’air frais ou simplement passer un moment en compagnie de ses proches constituent autant de moyens de se reconnecter à la vie quotidienne.

En dépit de l’apparition de nouvelles préoccupantes, la vie se poursuit également avec ses activités quotidiennes, ses interactions sociales et ses projets.

Si l’on s’accordait quelques instants sans actualités ?

Il paraît complexe de se déconnecter lorsqu’un événement d’importance se déroule à travers le monde. Cependant, faire une pause ne signifie pas faire preuve d’indifférence.

Il est possible de convenir que le repas se déroulera sans l’utilisation de téléphones, que la dernière heure précédant le coucher sera dédiée à d’autres activités, ou qu’une promenade s’effectuera sans consultation des notifications.

Lire, cuisiner, pratiquer une activité sportive, écouter de la musique, visionner un film ou simplement prendre un moment de repos : ces activités ne nécessitent pas d’être considérées comme « productives » pour revêtir une certaine utilité. S’accorder une pause dépourvue d’actualité, c’est également admettre que notre attention nécessite des moments de répit.

Quand faut-il envisager de demander de l’aide ?

Une certaine préoccupation à l’égard d’événements graves constitue une réaction tout à fait légitime. Cependant, si le malaise persiste et commence à avoir un impact significatif sur la vie quotidienne, il peut être judicieux de consulter un professionnel.

Des troubles du sommeil persistants, une anxiété difficile à réguler, une peur omniprésente ou des difficultés notables dans l’exécution des activités quotidiennes constituent autant de circonstances dans lesquelles un accompagnement pourrait être envisagé.

Il ne s’agit pas de juger si l’on est « excessivement sensible » à l’actualité. Rechercher du soutien peut tout simplement constituer une manière de ne pas se retrouver isolé lorsque la situation devient difficile à appréhender.

Rester informé sans vivre dans l’alerte permanente

Se protéger des événements d’actualité ne signifie pas nécessairement s’en distancier. Il serait préférable de définir la distance adéquate.

Sélectionner judicieusement ses sources, restreindre les consultations répétées, distinguer les faits des opinions, reconnaître que certaines informations demeurent temporaires et s’accorder des moments sans écran : ces pratiques peuvent contribuer à retrouver le contrôle sur le temps dédié à l’information.

Parce qu’être informé et être continuellement exposé ne revêtent pas la même signification. Dans un monde où les informations affluent en permanence, prendre le temps de déconnecter son écran pendant quelques instants peut s’avérer être une méthode particulièrement efficace pour conserver le contrôle de son attention.

EN PRATIQUE

5 réflexes pour prendre du recul face à l’actualité

1. Fixez-vous des rendez-vous avec l’information.
Il est recommandé de sélectionner un ou deux moments au cours de la journée pour prendre connaissance des actualités, plutôt que de consulter votre téléphone à chaque notification reçue.

2. Coupez les alertes non essentielles.
Les notifications suscitent parfois l’impression qu’une réaction immédiate est nécessaire. Désactivez celles dont vous pouvez vous passer et conservez uniquement les alertes véritablement essentielles.

3. Revenez à une source fiable.
Lorsqu’un nombre significatif de publications émerge concernant un même événement, il est recommandé de privilégier les sources qui relatent les faits et de consacrer un moment à la vérification avant de diffuser une information.

4. Faites une vraie pause.
Après avoir pris connaissance des actualités, il est recommandé de se détourner intentionnellement vers d’autres activités telles qu’une promenade, un repas, une activité physique, la lecture ou l’écoute de musique. L’objectif est de concevoir un environnement dans lequel aucune information ne vient perturber votre concentration.

5. Observez votre réaction.
Si vous observez que la consultation des informations suscite systématiquement une augmentation de votre inquiétude, il serait judicieux de vous interroger sur la nécessité d’une nouvelle vérification. De temps en temps, s’arrêter à ce stade constitue déjà une décision judicieuse.

Quelle est la raison pour laquelle je publie cet article ? J’ai eu l’occasion d’observer et d’interagir avec un grand nombre d’individus anxieux, préoccupés et particulièrement touchés par les images et les reportages alarmants en provenance du Moyen-Orient. Que ce soit du côté palestinien, principalement, ou israélien, des individus sensibles et en quête de justice se trouvent dans une situation de désarroi et de vulnérabilité émotionnelle.

Touhami
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