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Édouard Philippe maintient et réaffirme ses allégations stigmatisantes
Alors que les échéances politiques se rapprochent et que les sondages révèlent un décalage dans l’opinion générale, Édouard Philippe, qui peine à décoller, semble prêt à surmonter tous les obstacles, y compris en adoptant la théorie selon laquelle la fin justifie les moyens. En abordant de manière directe les thématiques privilégiées de l’extrême droite – à savoir l’immigration et la sécurité –, l’ancien Premier ministre s’engage dans une surenchère verbale qui s’avère aussi périlleuse qu’indéfendable au sein du discours républicain.
Événement récent d’importance : ses observations relatives aux pillages survenus lors des incidents du 17 octobre. Édouard Philippe s’exprime avec clarté : la grande majorité de ces infractions serait attribuée aux « Français d’origine immigrée ». Pour étayer cette accusation infondée, l’ancien Premier ministre propose sans ambages d’interroger les commerçants lésés dans le but de confirmer ses allégations.
Une méthode biaisée au mépris du droit
Ce qui engendre le plus d’interrogations, ainsi que d’inquiétudes, dans la position adoptée, réside dans la démarche sous-jacente. Les déclarations d’Édouard Philippe reposent sur des hypothèses formulées à partir du nom ou de l’apparence physique des personnes concernées. Non seulement cette approche présente des biais tant sur le plan scientifique que juridique, mais elle repose également sur des critères arbitraires que nul citoyen ne peut raisonnablement appréhender. Pire encore, elle viole intentionnellement le cadre légal français, qui prohibe la classification et la catégorisation des individus sur des critères ethniques.
En procédant de la sorte, l’ancien locataire de Matignon engendre une division illusoire au sein de la population. D’une part, on trouverait les « Français de souche blanche », tandis que d’autre part, se situeraient les « Français issus de l’immigration », en visant spécifiquement les populations noires et arabes. Cette approche communautariste se heurte de manière directe aux principes les plus respectés de la République française, laquelle ne reconnaît qu’un unique type de sujet : le citoyen, sans distinction d’origine, de race ou de croyance.
Une dérive électorale face au bilan du passé
Cette stratégie de stigmatisation suscite une interrogation fondamentale : comment un individu ayant incarné le summum du pouvoir peut-il se réduire à un tel simplisme ? Il est très probable que la solution se trouve dans une quête d’évasion politique par le biais de la désignation de boucs émissaires.
Édouard Philippe, qui a occupé le poste de Premier ministre dans le gouvernement d’Emmanuel Macron de mai 2017 à juillet 2020, a exercé son autorité à la tête de l’État. Dans cette perspective, il endosse une responsabilité directe et incontestable concernant la politique appliquée durant cette période. Il s’agit d’une manœuvre peu subtile de venir, en ce jour, attribuer la responsabilité à une frange de la population afin de masquer l’insuccès des politiques publiques qu’il a lui-même orchestrées. Avant de s’attacher à identifier des responsables, l’ancien Premier ministre devrait, de manière idéale, procéder à une évaluation de son propre bilan.
Dernier point : Monsieur Édouard Philippe ne devrait pas aborder la question de l’intégration avec des citoyens nés sur le territoire français. Le terme éducation serait davantage approprié. Cependant, à une époque où les lycéens et les étudiants s’efforcent d’obtenir des enseignants, des chaises, des tables et des infrastructures mieux entretenues, Édouard Philippe, ayant contribué à la dégradation des établissements scolaires, des hôpitaux, du système judiciaire ainsi que des services de gendarmerie et de police, devrait plutôt adopter une attitude discrète et se faire oublier.
Selon Édouard Philippe, il est envisageable de différencier deux catégories de Français : ceux d’origine européenne et ceux provenant de l’immigration, notamment les individus de descendance noire et arabe. Cela contrevient aux principes républicains qui ne reconnaissent qu’un seul type de citoyen français. Sous la présidence d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe a occupé le poste de Premier ministre, de mai 2017 à juillet 2020. En conséquence, il assume une part de responsabilité dans la politique ayant conduit à la détérioration de la situation en France et devrait, de ce fait, rendre des comptes plutôt que de formuler des observations idéplacées.
Touhami

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