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Le mal français : on salue, puis on omet de se souvenir.

Le mal français : on salue, puis on omet de se souvenir.


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Les Gilets jaunes : un mouvement qui émerge dans les zones rurales en réponse à l’augmentation des prix des carburants, supposée soutenir le financement de la transition écologique. Les résidents des zones rurales en ont besoin, car ils doivent utiliser leur véhicule pour se déplacer, faute de transports en commun. De plus, les habitants des zones rurales en France ne possèdent pas les ressources requises pour se procurer un véhicule électrique conforme aux exigences environnementales. Ce vaste mouvement de contestation, connu sous le nom de « le mouvement des Gilets jaunes », s’est étendu sur une période supérieure à un an. Le régime répondra par des mesures répressives. Certaines personnes perdront un œil, et les CRS useront de leur matraque pour disperser les manifestants qui se rassemblaient chaque samedi.

COVID-19 : face au fléau de la pandémie, le personnel soignant fit front avec une efficacité exemplaire. Devant l’ampleur de leur dévouement, ils devinrent en quelques semaines les figures tutélaires de la nation. Souvenez-vous de ces rendez-vous de 20 heures, où la France entière s’unissait aux balcons pour saluer leur courage.

Les agriculteurs : jour après jour, ils se consacrent à notre subsistance sans jamais compter leurs heures, ni se lamenter de la dureté d’un métier pourtant si ingrat. Ce peuple de la terre incarne des valeurs de labeur qui commandent notre plus sincère respect.

Les sapeurs-pompiers : des brasiers urbains aux feux de forêt et aux accidents de la route, ils bravent tous les dangers. En toutes circonstances, ils acceptent de mettre leur propre vie en péril pour préserver celle d’autrui. C’est l’essence même d’une vocation gravée sous le signe du sacrifice.

Et pourtant…

La tempête sanitaire passée, les professionnels de santé, tous grades confondus, ont réclamé les moyens matériels et humains nécessaires à l’exercice décent de leur art. Ils se heurteront à une fin de non-recevoir absolue. Pire encore, le temps des applaudissements laissa place aux matraques : lors des mouvements sociaux, ils subirent les violences des forces de sécurité. Quel amer constat pour celles et ceux qui veillèrent sur nos vies au plus fort de la crise.

De leur côté, les agriculteurs prirent la route sur leurs tracteurs pour exprimer leur révolte face à l’inacceptable : des journées interminables pour des revenus souvent indignes, inférieurs au salaire minimum. Leurs convois montèrent jusqu’à Bruxelles. Pour toute réponse, les autorités dépêchèrent les forces de l’ordre pour les repousser manu militari.

Quant aux sapeurs-pompiers, ils tentèrent eux aussi d’alerter sur la pénurie d’effectifs, la faiblesse des salaires et la perte de sens de leur métier. Le pouvoir choisit d’y envoyer les CRS. Le pays assista alors à des scènes de confrontation tragiques entre des hommes investis d’une même et noble mission : servir et protéger le citoyen.

Moralité

Notre modèle social excelle à célébrer le mérite de ses héros d’un jour, lorsque l’utilité commune l’exige. Mais dès que le calme revient, l’amnésie d’État reprend ses droits. Lorsque ces piliers de la nation crient leur détresse, on leur oppose un refus inflexible. Peut-on durablement bâtir l’avenir sur un tel mépris ? Le peuple observe, incrédule, les efforts financiers colossaux consentis pour des causes extérieures, à l’image du soutien à l’Ukraine. Il devient dès lors impossible pour les Français de comprendre pourquoi la solidarité nationale se montre si prodigue au-dehors, et si cruellement avare au-dedans.

La marmite chauffe depuis longtemps. Cependant, Denis Papin nous a appris qu’une vapeur sous haute pression possède une puissance mécanique considérable. Sans valve de sécurité, tout finit par faire sauter le couvercle. À méditer… Avant qu’il ne soit trop tard.

Touhami

FAQ

Pourquoi l’auteur parle-t-il d’« amnésie d’État » en France ?

L’auteur dénonce une tendance où l’État célèbre certains groupes (comme les soignants ou les pompiers) en période de crise, mais oublie rapidement leurs revendications et besoins une fois celle-ci passée, menant à une forme d’oubli institutionnel ou d’« amnésie ».

Quel est le point commun entre les Gilets jaunes, les soignants, les agriculteurs et les pompiers selon l’article ?

Tous ces groupes, malgré leur rôle essentiel dans la société, ont été confrontés à une reconnaissance publique temporaire suivie d’une répression ou d’un mépris de la part des autorités lorsqu’ils ont exprimé leurs revendications sociales ou professionnelles.

Quelle métaphore l’auteur utilise-t-il pour illustrer le risque social en France ?

L’auteur utilise la métaphore de la cocotte-minute de Denis Papin, soulignant que sans une « valve de sécurité » pour relâcher les tensions sociales, la pression accumulée pourrait provoquer une explosion sociale majeure.

INFOSPLUS – Touhami

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