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Un parcours vers une indépendance inéluctable, en dépit de l’opposition de la France coloniale
CONTEXTE : La France impose un contrôle colonial sévère et inhumain en Algérie, méprisant les droits humains fondamentaux des populations autochtones ainsi que les principes républicains, qui ne seront octroyés qu’à une minorité de colons européens de race blanche. Les Juifs ne bénéficieront de leurs droits qu’à travers le décret Crémieux du 24 octobre 1870, qu’ils regretteront plus tard. Cette occupation engendre des tortures et des persécutions par le biais d’actes militaires ainsi que de nombreux crimes contre l’humanité, dûment documentés. Toutes les manifestations de résistance à ce régime de barbarie sont systématiquement réprimées avec une rigidité considérable. Depuis la résistance orchestrée par l’émir Abdelkader durant plus de quinze ans, la recherche de la liberté n’a jamais cessé de se manifester. Les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata survenus le 8 mai 1945 constitueront le catalyseur et le facteur déclencheur conduisant inéluctablement à l’indépendance. Les responsables du FLN diffusent un communiqué, sollicitant des négociations avec les dirigeants français en vue d’atteindre une autonomie pacifique pour l’Algérie. La seule réponse de l’autorité française sera un déni total, accompagné d’une répression violente. Il s’agit du début d’un conflit marqué par la « Toussaint rouge ».
Naissance du Front de libération nationale (FLN)
C’est en 1954 que le Front de libération nationale (FLN) est dirigé par le « Groupe des six », qui constitue le cœur historique ayant initié l’insurrection du 1ᵉʳ novembre 1954 : Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad, Rabah Bitat, Mohamed Boudiaf, Krim Belkacem, Larbi Ben M’Hidi. Ahmed Ben Bella et Hocine Aït Ahmed se trouvent en exil au Caire, en Égypte.
L’expression « Toussaint rouge » désigne la nuit du 31 octobre au 1ᵉʳ novembre 1954, un événement caractérisé par une série d’attentats quasi simultanés réalisés par le FLN, signalant ainsi le début officiel de la guerre d’Algérie.
La préparation et la stratégie de mise en œuvre
Voici la chronologie ainsi que les faits associés à cet événement :
- Le « groupe des six », chefs du FLN, fixe l’heure des offensives à 1 heure du matin, le 1ᵉʳ novembre 1954.
- La mission : les instructions précisent qu’il faut se concentrer sur des symboles de l’ère coloniale (casernes, complexes militaires, infrastructures de communication, réservoirs de carburant) à travers l’ensemble du territoire algérien. Le FLN exhorte à minimiser les pertes civiles autant que faire se peut, en orientant les offensives principalement contre les forces de l’ordre.
- La délimitation de la zone : L’Algérie est coupée en cinq zones militaires (les potentielles wilayas), chacune supervisée par un chef responsable de la gestion des attaques à l’échelle locale.
Le lancement de l’opération offensive
Lors de la nuit, près de 70 attaques et attentats armés se produisent de manière synchronisée. L’impact des actions varie de manière significative d’une région à une autre :
- Dans la région des Aurès (zone 1 – Ben Boulaïd) : il s’agit du principal centre de la révolte. C’est là que les affrontements atteignent leur plus extrême violence. Les membres de la résistance font sauter les lignes de téléphone et encerclent des postes isolés.
- En Kabylie (zone 3 – Krim Belkacem) : les actes de sabotage et les assauts dirigés contre les forces de l’ordre y sont aussi fortement organisés et virulents.
- À Alger (secteur 4 – Rabah Bitat) : les mesures prises sont moins étendues mais revêtent une importance majeure symbolique, en particulier les incendies de dépôts de pétrole et de la radio d’Alger.
- Dans les régions du Nord-Constantinois et de l’Oranie (zones 2 et 5) : les frappes y sont plus éparpillées en raison d’un déficit en armement et d’une insuffisance de préparation logistique.
La proclamation politique depuis l’Égypte (Le Caire)
En parallèle aux attaques, la « Déclaration du 1ᵉʳ novembre 1954 » est publiée depuis Le Caire sous forme de brochures. Ce texte essentiel en matière de politique :
- Proclame la naissance du Front de libération nationale (FLN) et de son bras armé, l’Armée de libération nationale (ALN).
- Déclare que le but suprême est l’indépendance nationale de l’Algérie.
- Propose l’ouverture de négociations avec les autorités françaises si ces dernières reconnaissent le droit du peuple algérien à disposer de lui-même.
La réponse instantanée de la France
- L’étonnement : l’exécutif français, sous la conduite de Pierre Mendès France et de son ministre de l’Intérieur François Mitterrand, se trouve déconcerté par la nature coordonnée de l’attaque.
- Le discours de fermeté : le gouvernement affirme que « l’Algérie est la France » et refuse toute forme de dialogue politique avec les insurgés, amorçant ainsi un cycle militaire qui se prolongera sur une durée de huit ans.
- La réponse militaire : peu après, des parachutistes ainsi que des forces coloniales viennent renforcer la présence en Algérie, en mettant l’accent sur le massif des Aurès afin de mener à bien des opérations de ratissage.
François Mitterrand ne se montrait pas enclin à soutenir la paix en Algérie
Suite aux attaques des révolutionnaires du 1ᵉʳ novembre 1954, François Mitterrand, à l’époque ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Pierre Mendès France, a répondu avec une détermination sans faille, tenant un discours inflexible : « L’Algérie, c’est la France » et « La seule négociation, c’est la guerre ». Il n’y a donc aucune place à une éventuelle négociation.
Succès politique complet du FLN à l’échelle internationale
À l’échelle internationale, le FLN exerce une influence sur les opinions. Le point culminant des frappes aériennes visant les installations de l’Armée de libération nationale (ALN, branche militaire du FLN) sur le territoire tunisien s’est produit le 8 février 1958, lors de l’assaut de Sakiet Sidi Youssef. Cet événement significatif de la guerre d’Algérie a provoqué une crise diplomatique à l’échelle mondiale et a accéléré le déclin de la Quatrième République en France. Le général de Gaulle sera sollicité pour venir à la rescousse. La mise en place de la Cinquième République est en cours.
Par conséquent, la France est mise à l’écart de la communauté mondiale et l’ONU réclame la fin du conflit et l’autonomie de l’Algérie. Le 2 juillet 1957, John F. Kennedy, alors jeune sénateur démocrate du Massachusetts et futur président américain, prononce un discours mémorable devant le Congrès des États-Unis, aussi connu comme le « Discours algérien » (The Algerian Speech). Il soutient publiquement et avec détermination l’indépendance de l’Algérie.
Répétition à l’identique en Palestine sous occupation
On constate aujourd’hui qu’Israël, à l’image de l’Algérie occupée, est exclu de la communauté internationale, qu’on le veuille ou non. On assiste à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité et à des atteintes graves aux droits de l’homme à l’encontre du peuple palestinien, dans un contexte d’indifférence complète des dirigeants mondiaux. Certaines organisations internationales évoquent le terme de génocide et la CIJ (Cour internationale de Justice) signale également des soupçons à son propos. Un régime politique israélien fanatique, sauvage et brutal met en œuvre une politique coloniale semblable à celle que connut l’Algérie. Les mêmes problèmes mèneront sans aucun doute à la même conclusion : l’indépendance de la Palestine.
« Il ne peut y avoir de paix durable sans justice. »

L’Algérie n’a jamais exigé de la France qu’elle demande pardon, contrairement aux affirmations des hommes politiques français pro-Algérie française qui, visiblement, n’ont pas encore reconnu l’indépendance algérienne. L’Algérie demande seulement, à travers un dialogue constructif, que les autorités, et non la population, reconnaissent la politique coloniale qu’elles ont établie en Algérie ainsi que les méfaits et les injustices qui en découlent. Il est primordial de noter que, dans une grande mesure, la situation en Algérie demeurait obscure et dissimulée aux yeux du peuple français. Le discours adressé aux habitants était le suivant : nous souhaitons introduire la civilisation parmi ces populations que nous désignons comme « sauvages ». En réalité, il était tout autre, évidemment. Il suffit pour s’en convaincre de revisiter l’histoire française avant 1830 et celle de l’Algérie.
Touhami
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