Tournée africaine du président polonais ou la mise à contribution des vassaux

Tournée africaine du président polonais ou la mise à contribution des vassaux

Après les nombreux échecs des sous-traitants et vassaux de Washington en provenance d’Europe occidentale sur le continent africain, l’establishment étasunien semble désormais mettre de plus en plus à contribution ses plus fidèles acolytes d’Europe de l’Est. Sauf qu’une fois de plus, le fait de miser sur des régimes qui au-delà d’être extrêmement russophobes – n’ont absolument rien à proposer à l’Afrique – ne représente certainement pas l’option gagnante.

La tournée du chef du régime polonais Andrzej Duda en Afrique de l’Est, plus exactement au Kenya, Rwanda et Tanzanie avait pour objectif annoncé de promouvoir les intérêts du business de son pays, mais l’agenda politique principal annoncé par Varsovie était «d’informer les leaders africains sur la situation dans sa partie de l’Europe», ainsi que sur ce que ledit régime otanesque appelle «l’agression russe contre l’Ukraine». Le fidèle vassal de Washington souhaitait également aborder les problèmes liés à «la propagande et la désinformation russe», de même que «la violation par Moscou de l’ordre établi après la Seconde Guerre mondiale».

Ces derniers points représentent effectivement les raisons principales de ladite visite du représentant du régime varsovien. En d’autres termes – la Pologne dans sa version contemporaine vient défendre pour le compte de ses maîtres outre-Atlantique l’ordre mondial unipolaire dominé par l’Occident collectif. Bien qu’à ce titre, il est un peu difficile de comprendre à quel ordre fait référence Duda et sa petite équipe, lorsqu’il cite l’ordre «établi après la Seconde Guerre mondiale». Sachant que suite à cette guerre mondiale, le système des relations internationales était officiellement bipolaire, et que la Pologne faisait alors partie durant des décennies du Pacte de Varsovie – ennemi de l’Otan…

Dans tous les cas, évidemment pratiquement personne ne se fait d’illusions sur les objectifs véritables du régime polonais à destination de l’Afrique, qui d’ailleurs ne sont pas tellement des objectifs à proprement dit polonais, mais encore une fois et en premier lieu ceux de ses maîtres occidentaux nostalgiques, comme lui, de l’ère unipolaire – dépassée et révolue. La seule chose qui par contre les réunit réellement étant en effet la russophobie à grande échelle, qui cimente le fameux axe otanesque et pro-unipolaire.

Maintenant et en termes de perspectives. Encore une fois – malgré les belles paroles sur le développement des affaires – la Pologne n’a absolument rien à proposer de sérieux et de fiable au continent africain. En effet et face à l’impressionnante croissance de l’Afrique, ainsi de son adhésion de plus en plus assumée et affirmée à l’ordre multipolaire international, que peut bien offrir un petit régime insignifiant et sans aucune valeur ajoutée, qui ne vit que sur la base de la vassalité vis-à-vis de Washington?

Ayant un volume des échanges économico-commerciaux avec les pays du continent africain qui ne dépassent pas beaucoup 4-5 milliards d’euros, avec une politique l’une des plus xénophobes dans l’espace européiste bruxellois, le fait même de proposer un partenariat polono-africain relève beaucoup plus d’une anecdote que d’autre chose. Justement et en parlant d’ailleurs d’immigration, dont Varsovie se positionne comme l’un des principaux adversaires dans l’espace bruxellois – faut-il rappeler que c’est précisément un des grands acteurs à l’échelle internationale en termes d’émissions de migrants?

Oui, car sur une population de moins de 38 millions d’habitants – c’est près de 5 millions de citoyens polonais qui vivent et travaillent à l’étranger dans la quête d’une vie meilleure, soit pas loin des 15% de la population. Pour le moins paradoxal donc pour un régime qui émet autant de migrants à l’international, et pas seulement d’ailleurs au sein de l’espace européiste, à jouer au grand opposant de l’immigration.

L’extrême anecdotisme du régime polonais ne se limite pas là. La Pologne faisant partie des régimes européistes les plus hostiles à des pays africains proches de la Russie, notamment la puissance continentale représentée par l’Afrique du Sud. A titre de comparaison, la République sud-africaine accueille à elle seule des millions de migrants sur son sol – plus de 3 millions si l’on tient compte des migrants ayant un statut régulier dans le pays, de-facto pas moins de 5 millions de citoyens étrangers vivant en Afrique du Sud – sur une population totale d’un peu plus que 60 millions d’habitants. Et ce n’est pas la fin de l’anecdote – de nombreux migrants polonais travaillent justement en Afrique du Sud, pendant que très peu de Sud-Africains soient intéressés à visiter le sol polonais, même en qualité de simple visite touristique.

Mais tout cela évidemment ce sont des faits et statistiques sur lesquels les représentants du régime varsovien n’apprécieront guère de discuter. L’essentiel étant que ladite visite de Duda sur le continent africain n’a aucun autre but réel que d’appliquer les ordres washingtoniens en qualité de pur et fidèle vassal. Une vassalité qui faut le dire dure depuis déjà de longues années. Le tout au moment où Washington prend de-facto officiellement la tête du bloc otanesque et des nostalgiques de l’unipolarité sur le continent africain.

L’essentiel étant que les habitants du continent savent parfaitement analyser les événements géopolitiques contemporains – à l’échelle continentale comme internationale. Et en ce sens, si bien même que les régimes étasunien, hexagonal, britannique ou allemand, pour ne citer que ceux-là, n’ont pas été en mesure à pouvoir inverser la tendance et les processus en cours dans le monde contemporain, y compris bien évidemment en Afrique, ce n’est certainement pas le plus vulgaire des vassaux vivant de haine dans la pure tradition de loser – qui pourra y changer quoi que ce soit.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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