Le tournis infernal des embouteillages parisiens quotidiens

Le tournis infernal des embouteillages parisiens quotidiens

Le tournis infernal dans les embouteillages parisiens où il est devenu pratiquement impossible de circuler

Quel tournis ! Il y a quelques mois, je suis allé rendre visite à un ami résidant au cœur de Paris. J’ai eu le tournis lorsque j’ai vu toutes ces voitures au-dessus et au-dessous, circulant sur de larges voies, des échangeurs saturés, des couloirs infinis tous embouteillés. Coincé sur le périphérique, je roulais à la vitesse d’une tortue. Mon véhicule est équipé d’une boîte de vitesse de six rapports. Dans la situation où je me trouvais, une boite de deux rapports aurait amplement suffi. Ne tenant plus dans ma voiture, j’avais hâte de parvenir à une voie d’arrêt d’urgence. Le tournis provoquait des maux de tête. Il me fallait sortir à l’air libre, boire un bol d’oxygène fût-il mélangé à des gaz nocifs. Au point où j’en étais, un peu plus, un peu moins de particules fines m’était bien égal.

Enfin, j’aperçus un refuge ; une aire d’arrêt d’urgence. Je m’y arrêtai, les warnings allumés. Ouf ! Je descendis m’aérer, espérant dissiper mes maux de tête. J’étais au bord de l’asphyxie. Ces embouteillages n’en finissaient pas. Les voitures passaient les unes derrière les autres, à une vitesse ralentie et aucun conducteur ne semblait voir ma présence. Tous paraissaient stressés, les nerfs à vif et, visiblement, subissaient ce qui était devenu pour eux une fatalité incontournable. Les embouteillages parisiens devenaient leur messe, leur lot quotidien. Puis, à ma grande surprise, je vis arriver un homme qui baissa sa vitre lorsqu’il parvint à ma hauteur. Enfin un être humain au milieu de tous ces conducteurs atomisés, attachés, tristes, assis dans leurs voitures. Il m’adressa la parole d’un ton jovial et sympathique :

— Bonjour monsieur. Vous avez un problème ? Avez-vous besoin d’aide ?

Je n’en crus pas mes yeux et mes oreilles. Cet homme, l’air souriant, me proposa gentiment, aimablement, son aide. Un miracle, au milieu de ces tas de ferraille, ces boites de sardines roulantes.

— Bonjour, répondis-je. Je vous remercie beaucoup pour votre amabilité, monsieur. Je me suis arrêté à cause de maux de tête. C’est dû à la circulation. Mais les douleurs se sont apaisées, et je vais donc pouvoir reprendre ma route.

— Très bien. Je vois que vous êtes de la banlieue parisienne, me dit-il en jetant un bref coup d’œil sur la plaque minéralogique de ma voiture.

Je n’eus pas le temps de lui répondre lorsqu’un conducteur excité, énervé, se mit à le klaxonner de manière agressive. Cet homme était sans doute au bout du rouleau.

Plutôt amusé, l’homme me dit :

— Vous voyez, à Paris il n’y a que des gens pressés. Bonne route et voyez un médecin si vos maux de tête persistent.

— Vous savez, les gens sont si pressés qu’ils deviennent des automates déshumanisés sans s’en rendre compte. Mais un jour ou l’autre, ils arrêteront leurs courses folles, qu’ils le veuillent ou non. Encore merci de m’avoir proposé votre assistance. Dans ce monde de brutes et d’égoïstes, cela rassure.

L’automobiliste m’adressa un dernier sourire, semblant acquiescer mon amer constat, puis repartit dans sa rangée et disparut peu à peu dans l’interminable file. Je remontai dans ma voiture, la démarrai et m’insérai à la circulation. Machinalement, j’actionnais le ventilateur pour réchauffer l’habitacle. Une odeur de gaz carbonique se répandit. Je ressentis de nouveau le tournis. Mes maux de tête se réveillaient à mesure que le ventilo captait les gaz d’échappement des innombrables moteurs, les brassait et les répandait à l’intérieur du véhicule.

Touhami – INFOSPLUS

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