
« Je me presse de rire de tout, de peur de devoir en pleurer. » (Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais).
Rien du tout.
Rien du tout. C’est tout ou rien. Un rien pourrait tout faire basculer. On se demande même comment il n’est encore rien arrivé de grave. Peut-être parce qu’il n’y a plus rien à espérer. Pour rien au monde j’échangerais ma devise : « Qui ne risque rien n’a rien ». D’ailleurs, avec un petit rien, on peut s’enrichir et ensuite ne plus manquer de rien. On entend toujours : « Oh ! mais ça ne sert à rien ! » Mais si ! Ce n’est rien faire qui ne servirait à rien. Bien que je n’en ai peut-être rien à fiche concernant le concept de rien, il est important de noter que beaucoup de gens sont morts pour rien. Alors que rien ne vaut la peine de mourir pour rien. Regardez donc tous ceux qui vous disent : « Circulez, il n’y a rien à voir ! » C’est parce qu’ils savent que tout peut partir d’un rien. Ils camouflent ce rien par peur d’une révolution que rien ne présageait. Adolf, l’aryen, c’était un extraordinaire bon à rien. Mais il a su, en partant de moins que rien, changer un peuple qui n’avait plus rien (à cause de Versailles) en vauriens. Combien de fois on m’a crié « Mais ça ne vaut rien ! » Pourtant, quand j’ai répondu avec courtoisie « merci quand même », on m’a vite rétorqué « de rien ! » Alors, besoin de rien ? On ne peut vous obliger à rien, ni vous contraindre à faire comme si de rien n’était. Avec rien, vous ne pouvez pas accomplir grand-chose. Sans rien, ce n’est même pas la peine de tenter quoi que ce soit, surtout si vous êtes, en France, un Algérien.
Il suffit de quelquefois
Il m’est arrivé quelquefois de douter. Non, pas de ma foi, elle me colle au corps. Vous savez, comme le « Diable au corps ». Non, à vrai dire, parfois c’était pire que la fois où j’avais échoué à un examen. Toutefois, j’avais quelques bons potes qui me disaient pour me soutenir dans mon immense détresse : « Mais ce n’est rien mon vieux, ça arrive, des fois ! » Imaginez la scène dans la ville de Foix. À la fois, je pleure et après je me flingue. Même ma mère, hier elle m’a dit : « Fiston, devine ce que je t’ai préparé pour le dîner. Du foie à la poêle ! » Elle est gentille, maman, mais son côté sans foi ni loi… Pour me rendre utile, je vais voir le courrier. J’ouvre la boite. Devinez. Le député du coin a adressé sa profession de foi. Autrefois, je veux bien. Mais là, avec les courriels, ce député aurait pu utiliser le numérique. En même temps, cela aurait été à la fois écologique et pratique. Ma foi, que voulez-vous. C’est ainsi. De rien.

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