Saddam Hussein exécuté le jour de l’Aïd-El-Kébir de l’an 1427 (Hégire)

Saddam Hussein exécuté le jour de l'Aïd-El-Kébir de l'an 1427 (Hégire)
Saddam Hussein exécuté le jour de l’Aïd-El-Kébir de l’an 1427 (Hégire)


30 décembre 2006 – 1427 ذو الحجة (Dhou Al-Hijja). Saddam Hussein n’est plus, en ce jour de fête musulmane. Il a emporté avec lui bien des secrets que ses ennemis ne voulaient pas qu’il pût les livrer au monde. Mais la vérité est plus forte que le mensonge, elle triomphe toujours, même contre ceux qui la falsifient.

Ironie de l’Histoire, Saddam Hussein a été pendu pour crimes contre l’Humanité par le premier pays au monde — Les Etats-Unis d’Amérique — a avoir fait usage de l’arme nucléaire, provoquant des dizaines de milliers de morts civils : Hiroshima et Nagasaki (Japon) les 6 et 9 août 1945. On nous explicitera, bien entendu, que cela a été accompli pour le bien de l’Humanité.

S’il existe une théorie en matière de géostratégie et de géopolitique, il existe aussi une réalité politique et militaire sur le terrain. Et très souvent, il y a une grande différence entre ce qui a été prévu et ce qui peut être réalisé. Toute politique expansionniste comporte des risques incalculables pour les conquérants eux-mêmes. Il suffit de s’en référer à l’histoire. Les Américains et leurs alliés ne sont pas au bout de leurs peines et de leurs surprises.

Qu’est-ce que l’aventurier Georges W. Bush a apporté à son peuple ? Un enlisement en Afghanistan, un chaos politique et militaire en Irak, une situation plus qu’explosive au Proche-Orient. En Palestine, le processus de paix est au point mort — pour ne pas dire mort —, l’Iran et la Syrie se rebiffent et n’ont pas du tout l’intention de se laisser conduire à l’abattoir comme l’Irak.

La Russie est de plus en plus impatiente et est revenue sur l’échiquier international, la Corée du Nord (nouvelle puissance nucléaire), la future grande superpuissance : la Chine, dont Dieu seul connaît les capacités militaires, et surtout une détestation de l’Amérique de plus en plus palpable par les Terriens qui œuvrent à la paix, sont des éléments nouveaux qu’il convient de bien analyser, à l’aune d’une alliance entre la Chine et le monde musulman : le pire cauchemar pour l’Amérique et le monde occidental dans son ensemble. Cette alliance est en marche.

On le voit bien, tout n’est pas aussi simple que certains l’affirment. Les Etats-Unis ont été longtemps à l’abri, du fait de leur position géographique. Les missiles intercontinentaux sont aujourd’hui en possession de bien des pays et entre les mains de nombre de dirigeants qui aimeraient bien les expérimenter. Un pays, même de l’importance de celui des Etats-Unis d’Amérique, ne peut contenir à lui seul toutes les transformations que nous vivons. Les dernières élections américaines, en défaveur des Républicains, signifient et montrent clairement le scepticisme des Américains face aux incertitudes dans lesquelles Donald Trump les a conduits.

Aux menaces israélo-américaines et européennes, l’Iran a répondu clairement ceci : « Toute action militaire contre l’Iran nous obligerait à utiliser nos missiles braqués sur Israël ». D’où une certaine crainte et « réticence » à intervenir en Iran, et surtout cet appel au dialogue avec la Syrie et l’Iran lancé par Joe Biden. Car si les Etats-Unis avaient pu régler son compte à l’Iran sans risques militaires et politiques, ils l’auraient déjà fait. L’Etat d’Israël est une tête de pont américaine, le monde entier le sait.

Israël fait pression sur les USA pour une rapide intervention contre L’Iran dont nous savons tous que ce pays s’est doté, ou quasiment doté, de l’arme nucléaire. A ce sujet, pourquoi existerait-il des “Gentils” qui auraient le droit à l’arme fatale et les “Méchants” qui eux n’y auraient pas droit. Israël est-il si gentil que cela avec le peuple palestinien ? Posez donc cette question aux enfants, aux femmes et aux vieillards Palestiniens humiliés sur leurs terres.

Si j’étais israélien, je me ferais du souci. Pourquoi ? Parce que je saurais pertinemment que mon sort ne dépendrait plus de moi mais d’autrui : l’Amérique. Autrement dit, les Israéliens ne sont devenus que de vulgaires pions. Ils s’éloignent chaque jour un peu plus de ce rêve d’un Etat sûr où ils vivraient paisiblement.

D’ailleurs, le judaïsme a-t-il un jour recommandé de pénétrer dans une demeure, d’en chasser les occupants et de prendre définitivement leur place ? Les Juifs ne l’ont pas fait. Les sionistes, eux, l’ont fait. Et c’est ici, précisément, que Palestiniens et Israéliens, attachés à la paix, devraient, pour damer le pion aux malintentionnés, se mettre rapidement d’accord sur une coexistence pacifique. En cette fin d’année, on peut toujours se permettre de rêver.

Saddam Hussein a été exécuté par ceux qui s’étaient servi de lui. Une autre exécution qu’une pendaison, à un autre moment que celui de la fête de l’Aïd-el-kébir, aurait été plus « acceptable », si tant est que l’on peut accepter de pendre un vieillard de 68 ans. On ne se réjouit pas d’une mort, même de celle de son pire ennemi. Honte à ceux qui ont célébré cette mort comme d’une réjouissance.

Mais Georges W. Bush était un fanatique à sa manière. A travers cette ignoble pendaison, il a clairement signifié au monde arabe, et plus généralement musulman, le message suivant : « Voyez ce qu’il adviendrait à ceux qui s’opposeraient à notre politique expansionniste et impérialiste ». De plus, en évangéliste convaincu et intégriste qu’il est, W. Bush voue une haine — qui se lit clairement sur son visage lorsqu’il prononce le mot islam — contre tous les Musulmans de la terre.
 
Georges W. Bush : l’homme qui prétendait combattre le terrorisme, mais qui, en réalité, alimentait le terrorisme. Ainsi, en exécutant Saddam Hussein le jour d’une grande fête musulmane, ne l’avait-il pas accompli dans une intention délibérée de provoquer une violente réaction dans le monde arabe et musulman ? Imaginez un instant si J.F Kennedy avait été pendu de la sorte un jour de Noël, ou encore Netanyahu un jour de Yom Kippour. Que se serait-il passé dans la tête des Américains et des Israéliens ?

Georges W. Bush a fait de Saddam Hussein un martyr. Il fallait tout de même oser ! Cet homme n’était pas pour la paix, mais dangereux pour la démocratie, dangereux pour l’humanité, tout simplement. Georges W. Bush venait de signer à jamais son extraordinaire fascination pour le crime, la barbarie et l’inhumanité. Le peuple américain doit être conscient qu’il a été gouverné par un sanguinaire. Les attentats du 11 septembre ne peuvent permettre toutes les ignominies, toutes les infamies.

Toute bâtisse, quelle qu’elle soit, doit, pour tenir solidement, reposer sur de robustes fondations. La toile d’araignée américaine se livre à nous chaque jour davantage. Mais n’est-elle pas, finalement, un vaste empire reposant sur des fondations en argile ?

A mes amis musulmans, concernant cette sordide pendaison de Saddam Hussein le jour du sacrifice d’Abraham, je dis : le Coran ne rappelle-t-il pas cette vérité éternelle : « Nous conduisons l’homme à sa perte, sans qu’il en connaisse les chemins ». Et la mort de Saddam Hussein, comme d’autres avant lui, l’a bien illustré. Car l’ancien despote irakien a été responsable de sa propre fin. S’il avait été un Juste, il n’aurait jamais péri ainsi.

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