Dissolution de l’Assemblée Nationale : quelles sont les réelles raisons qui ont poussé Emmanuel Macron à dissoudre ?

Dissolution de l’Assemblée Nationale : quelles sont les réelles raisons qui ont poussé Emmanuel Macron à dissoudre?

Dissolution : problème d’ego personnel

Dissolution pour raison d’ego. La défaite du camp Présidentiel face au RN (Rassemblement National), parti d’extrême-droite, a très certainement atteint le président dans son amour-propre. Emmanuel Macron est une personne aimant avoir raison et mettant tout en oeuvre pour y parvenir. C’est une qualité à double tranchant : se battre pour imposer ses idées et être toujours le meilleur, est une qualité indéniable. Mais cela peut aussi agacer et renvoyer de soi une image d’arrogance, de prétention, de condescendance, d’orgueil et de mépris. A travers certaines de ses petites phrases mordantes, qui ont enflammé la toile mais également provoqué l’indignation de nombreuses et nombreux citoyens, le Président ne nous a pas montré un visage bienveillant.     

Dissolution : crever l’abcès d’une extrême-droite jusque-là passive

« Vous voulez le pouvoir ? Eh bien, prenez-le ! » Ce serait en quelque sorte le message adressé par Emmanuel Macron à Marine Le Pen et Jordan Bardella. Le RN s’est jusque-là contenté d’un rôle d’observateur et surtout de critiqueur. Quand on est dans l’opposition, il est évidemment facile de critiquer. Parce que l’on n’est ni confronté à la réalité, ni en prise directe avec les difficultés du terrain. La critique est une chose, l’exercice du pouvoir en est une autre. Le message serait donc celui-ci : « Vous passez votre temps à critiquer et à jouer avec les peurs. Ces élections législatives vont peut-être vous permettre de nous montrer ce que vous savez faire. » Un moyen de mettre le RN face à ses responsabilités et éventuellement de montrer aux citoyennes et citoyens leur incapacité à gouverner. En somme, crever l’abcès une bonne fois pour toutes ; quarante ans de Front National, on en a plus qu’assez !

Dissolution conduisant à un scénario catastrophe

Article 6 de la Constitution : « Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. » Même en cas de démission avant le terme de son mandat, Emmanuel Macron ne pourra pas briguer un troisième mandant. Par contre, en démissionnant, il pourrait raccourcir le délai. En cas de démission en 2024, le nouveau président irait jusqu’en 2029 (peut-être avant en cas d’événements extraordinaires). Au lieu de 2032. Ce n’est qu’à ce moment qu’Emmanuel Macron pourrait se représenter à une élection nouvelle présidentielle.  

Le Rassemblement National se trouve, en ce qui me concerne, piégé. Il devra démontrer, s’il gagne les élections législatives, qu’il est apte à gouverner. Les dernières déclarations de MM Bardella et Chenu, contre l’Algérie, ne sont pas pour apaiser, mais plutôt de nature à attiser les tensions. Le RN n’a pas les cadres nécessaires pour pouvoir gouverner de manière efficace. Hormis l’islam, les musulmans, le voile, le burkini, l’abaya, le halal, l’immigration, l’insécurité et les Noirs et les Arabes, le RN n’a aucun programme sérieux à proposer. Déjà, il semble que Bardella est en marche arrière toute concernant la dernière réforme des retraites en date.

Positionnement des principaux partis politiques

LR : Les Républicains (LR) se déshonoreraient à se rabaisser en s’alliant avec le RN. Ils perdraient leur âme et ne seraient plus en mesure, en cas de fiasco du RN, de proposer une alternative politique crédible. Les LR trahiraient l’esprit de la droite républicaine.

Reconquête : Éric Zemmour a fait la grimace, en direct, quand Marion Le Pen a annoncé devant la presse, en cheffe de parti, qu’elle travaillerait à un rapprochement avec le RN (comprenez : avec sa tante Marine et son beau-frère Jordan). Zemmour aura-t-il le cran et le courage de virer sa chère Marion ?

LFI, PC, PS, EELV : les principaux partis de gauche ont décidé de former un « Front Populaire » (comme en 1936) pour s’opposer au Rassemblement National. L’accord a été rapide et spontané. Il y a une réelle intention de vouloir vraiment faire barrage au RN.

Elections européennes et élections nationales, ce n’est pas la même chose

Lors de chaque élection européenne, les Français ont tendance à se lâcher et à voter pour sanctionner le pouvoir en place. Il ne faut donc pas confondre les deux élections. La seule question qui se pose aujourd’hui est celle de savoir si les français ont, le 9 juin dernier, voté par adhésion ou pour montrer leur colère ? Il est possible qu’il y ait les deux à la fois, ce qui complique un peu plus les données du problème.

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