Gauche et droite, ce n’est ni la même politique ni la même idéologie

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 Gauche et Droite, historiquement et politiquement, ce n’est pas la même chose. Emmanuel MACRON veut casser ces clivages. Certes, mais peut-on casser l’histoire et la jeter aux oubliettes ? Gauche et Droite resteront inscrites dans la démocratie française issue d’une grande Révolution. Et l’on n’y peut rien changer.

 

 

Gauche et droite à l’Assemblée constituante en 1789 

Le 11 septembre 1789 : les députés de l’Assemblée constituante — qui deviendra Assemblée Nationale le 17 juin 1789 (date retenue comme celle de la naissance du système représentatif français) — délibèrent sur un droit de veto accordé au roi Louis XVI. A droite, prennent place les monarchistes (clan de Jean-Joseph Mounier, défenseur d’une monarchie parlementaire comme en Angleterre). Ceux-ci sont partisans d’un veto absolu qui permettrait au roi de rejeter toute loi. À gauche, s’installent les opposants qui préfèrent un simple veto suspensif ; ces derniers auront d’ailleurs gain de cause.

Cette représentation gauche droite s’enracine en octobre 1789, lorsque les députés délibèrent dans la salle du Manège des Tuileries. Les députés hostiles à la Révolution, qui sont très soucieux de la contenir, s’assoient côté droit de la salle, par rapport au président de l’Assemblée (côté réputé plus honorable). Les députés plus favorables à la Révolution, vont s’asseoir à la gauche du président (côté Palais-Royal). Ils se proclament comme étant des Patriotes et n’hésitent pas à qualifier leurs opposants d’Aristocrates. Les clivages, entre une droite dite conservatrice, et une gauche dite réformiste et révolutionnaire, naissent de cette disposition des députés à l’Assemblée, et orienteront non seulement la vie politique française mais, au-delà, toutes les démocraties dignes de ce nom.

Sur un aspect purement historique, politique et idéologique, il apparaît d’emblée que gauche et droite ne sont pas du tout la même chose. Gauche et droite, en réalité, s’opposent. Il existe un clivage profond en premier lieu dû à l’histoire de France. Il faut toujours garder cela à l’esprit.

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La droite politique 

Généralement, la droite est davantage obnubilée par l’ordre, l’autorité, manifestant également un intérêt tout particulier pour la morale, le conservatisme, le travail au sens stricto sensu, la famille, la responsabilité individuelle. Elle incarne et défend le capital, prône le libéralisme, s’attache au respect des biens privés comme étant un droit inaliénable. La droite reste fidèle à des courants tels le souverainisme, le nationalisme, la démocratie chrétienne. Elle est traditionaliste, fidèle aux valeurs chrétiennes, et parfois, plus dangereusement, au populisme. La droite est également tentée par le statu quo, n’aimant pas les transformations périlleuses, préférant la stabilité incarnée par ce qui aurait déjà fait ses preuves ; elle n’aime pas les changements brutaux, choisissant les valeurs sûres aux mouvements incertains. Si elle admet une évolution, celle-ci devra se faire dans une continuité, jamais dans une quelconque révolution ; la droite en deviendrait alors réactionnaire. La droite est plutôt empreinte de pessimisme, elle choisit de garder ce qui existe déjà car en changer pourrait être, selon elle, bien pire. Elle s’inquiète de tout changement.

La gauche politique 

Généralement, la gauche est attachée à la justice, l’égalité, les progrès sociaux. Elle porte des discours idéologiques et tout au moins idéalistes. Elle exècre les traditions, les mœurs, les us et coutumes ancrés et préfère les changements au statu quo. Elle est pour les réformes et toutes les politiques nouvelles pouvant apporter des nouveautés dans l’intérêt de tous les citoyens. Elle défend une laïcité absolue, la décrétant presque comme sa nouvelle religion. Optimiste et révolutionnaire, la gauche est pour les changements, parfois radicaux, car, selon elle, ce serait forcément mieux que ce qui existe déjà. Elle s’oppose aux conservatismes de la droite traditionnelle et se réclame viscéralement républicaine. Elle a instauré la séparation des Eglises et de l’Etat (loi de 1905). L’économie de marché (le capitalisme) a pour fonction, selon la gauche, de fabriquer des richesses qui doivent ensuite faire l’objet de redistributions ; ce qu’elle qualifie de justice sociale : puisque, selon ses théoriciens, il y a une interaction sociale de tous les acteurs (citoyens, salariés, patronat…), il doit y avoir une égalité implicite pour tous dans les partages.

Droite et gauche

En résumé, la droite accepte le fait divin qu’il y ait des riches et des pauvres. C’est une loi naturelle. La charité chrétienne et la morale dans les mœurs feraient le nécessaire pour atténuer ces inégalités considérées comme étant la volonté divine. La gauche, elle, réfute le fait même qu’il puisse y avoir des riches et des pauvres, et fait une obsession de combattre ces inégalités, appelant à une lutte pour aplanir et réduire à son strict minimum ces inégalités qu’elle considère comme injustes. La droite serait plus ecclésiastique, la gauche serait plus laïque, voire laïcisée. C’est le poids de l’histoire de France qui réapparaît au travers de la gauche et de la droite.

Touhami Moualek

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