Viry-Châtillon : une fois de plus l’Institution judiciaire (réputée indépendante) est contestée par le gotha politique

Viry-Châtillon : une fois de plus l’Institution judiciaire (réputée indépendante) est contestée par le gotha politique
Viry-Châtillon : une fois de plus l’Institution judiciaire (réputée indépendante) est contestée par le gotha politique

Viry-Châtillon : à l’instar du procès de l’ancien Président Nicolas Sarkozy, jugé récemment dans l’affaire « des écoutes » dont le verdict avait été âprement discuté, commenté, contesté et littéralement remis en cause — il faut juste rappeler que nous vivons dans un pays où, en vertu de la séparation des pouvoirs, la Justice est indépendante — le verdict rendu dans l’affaire des policiers piégés, à Viry-Châtillon, dans des véhicules incendiés est également vivement contesté. Les policiers crient au scandale ; les responsables politiques conspuent presque la Justice.  

En octobre 2005, à Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, trois ados ont trouvé refuge dans un site de transformateur EDF, encerclés par des policiers qui étaient à leur poursuite. L’un des policiers déclarera froidement à un de ses collègues : « Ils n’iront pas plus loin. » Deux des ados trouveront la mort par électrocution. Le troisième, grièvement blessé, réussira à s’enfuir et donnera l’alerte. Les policiers ont tous été acquittés. Aucun policier et aucun responsable politique n’ont eu de compassion envers ces jeunes ; sans doute parce qu’ils étaient considérés comme de la « racaille » pour reprendre un vocable que Nicolas Sarkozy affectionne. Je n’ai vu personne descendre dans la rue pour s’écrier à l’injustice. Tout est passé comme une lettre à la poste, malgré les mises en lumière des faits par les avocats des familles des ados.

En France, la justice est rendue au nom du peuple. C’est un jury populaire (jurés) qui, en son âme et conscience, décide de la culpabilité ou non des prévenus. L’affaire de Viry-Châtillon démontre clairement que l’Institution judiciaire est actuellement remise en question dès qu’une partie (surtout si celle-ci est influente et puissante au sein de la société) n’est pas contente des verdicts.

Le garant de la séparation des pouvoirs est le Président de la République. Si ce dernier s’invite également dans le débat des contestations, ce serait extrêmement grave pour la démocratie française.

Que le verdict ait été au-dessus ou au-dessous des sanctions attendues par les uns et les autres, cela reste à l’appréciation de la justice dans l’exercice de ses prérogatives. Ce qui est inquiétant c’est le fait que les acteurs politiques — les personnes qui légifèrent — se mettent hors-la-loi en commentant des décisions de justice.

On ne peut élaborer des lois puis les faire voter, édicter des principes républicains, et ne pas ensuite les respecter. Lorsqu’on n’est pas satisfait d’une décision, il existe des recours. La politisation et la récupération actuelles de la Justice à des fins politiques est très inquiétante. Cela commence à faire beaucoup. Une Nation où la justice est contestée est une Nation qui vacille.

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