La France de mon enfance et de mes souvenirs

La France de mon enfance et de mes souvenirs
La France de mon enfance

La France de mon enfance

La France de mon enfance et de mes souvenirs lointains est celle de Jean-Paul Belmondo, de Bernard Tapie et de bien d’autres personnalités ayant marqué mon esprit.

Jean-Paul Belmondo, immense acteur et ô combien sympathique et très populaire, je l’ai découvert à travers des films qui passaient à la télévision, notamment les dimanches soirs après je journal télévisé. Je ne l’ai pas connu grâce au cinéma ; un cinéma dont j’ignorais tout et qui, il faut l’avouer, ne faisait rien pour attirer les jeunes de ma génération issus de l’immigration maghrébine. Jean-Paul Belmondo incarnait une France où j’habitais mais dont les portes m’étaient fermées.

Quant à Bernard Tapie, un homme énergique, courageux et plein de vie et de vitalité, je garderai en souvenir de lui la victoire de l’Olympique de Marseille en Coupe d’Europe (C1 de l’UEFA). Il aura également été l’homme qui a démontré à Jean-Marie Le Pen (alors président du Front National) combien les travailleurs immigrés — cibles principales du Front National — étaient nécessaires et indispensables à l’économie française.

Mais là encore, Bernard Tapie n’était pas en tête des manifs, des cortèges pour soutenir les immigrés et demander à ce que l’on respectât leur dignité. Non, la France de B. Tapie, comme celle de J.-P Belmondo (pour lesquels j’ai un grand respect), clamait, en somme, à J.-M Le Pen juste : “On a besoin d’eux !” Une nuance avec Jean-Marie Le Pen.

Quels auraient été les arguments de B. Tapie si l’économie française n’avait pas eu “besoin d’eux” ? Sans bien entendu manquer de respect au défunt et à son humanisme, car Tapie était un grand humaniste.

La France de mon enfance passait son chemin quand nous, maghrébins, restions sur le bord des routes. Dans ces années là, il n’était pas bon de s’appeler Mohamed, Karim ou Farid. Des prénoms qu’aujourd’hui encore, un fou fanatisé, veut carrément interdire au nom de sa haine de l’islam et des Musulmans : Eric Zemmour.

La France de mon enfance et de mes lointains souvenirs est un pays qui parquait des communautés dans des ghettos, des cités-dortoirs, là où des générations entières grandissaient dans la discrimination et les injustices sociales, dans le racisme, l’ostracisme et l’exclusion. Il faut le vivre pour en ressentir les saveurs aigres, amères.

Et je ne voyais ni Eric Zemmour, ni J.-P Belmondo, ni Bernard Tapie venir à la rescousse pour défendre les droits de ces minorités et faire respecter leur dignité.

On se plaint d’une partie de la jeunesse qui sombre dans la délinquance et le trafic de stupéfiants, mais qu’a-t-on fait pour les intégrer et leur offrir une place à part entière dans la société, un autre avenir ?

Eric Zemmour parle des effets, mais ne dénonce jamais les causes sociales : la causalité, relation de cause à effet. Il dénonce un islamisme, qu’il amalgame au mot islam pour mieux créer la confusion dans son esprit cynique et perfide, mais n’évoque jamais le parcours du combattant d’un jeune d’aujourd’hui, issu de l’immigration maghrébine, lorsque ce dernier veut trouver un emploi, un logement, exercer des responsabilités au sein de la société, tous secteurs confondus.

Cette France de mon enfance — un idéal et un esprit français — incarnée par Belmondo, Tapie, Johnny Halliday, se souciait peu, en réalité, de celles et ceux qui aujourd’hui, par leur travail, leur volonté, leurs compétences et leurs qualités humaines intrinsèques, se sont imposés au sein de la République française.

Et voilà qu’un apprenti politique, un apprenti sorcier, un haineux, un revanchard, un personnage aigri conteste cette intégration réussie sous le seul prétexte que ces populations sont de confession musulmane et ont, crime de lèse majesté!, un prénom arabe. Ces prénoms, qui fondent leur fierté, leur dignité, seraient selon cet irresponsable et odieux personnage indignes de la France. J’ai nommé, bien entendu, l’indigeste, l’ignoble, le nauséeux Zemmour.

La France de mon enfance est cette France, malgré tout, qui m’aura permis de m’en sortir parce que j’ai eu la chance d’y rencontrer des personnes extraordinaires, aux qualités humaines exceptionnelles. Sans eux, j’aurais probablement eu plus de mal à réussir et à tracer mon chemin.

Cette France de mon enfance est la mienne, celle à laquelle je suis viscéralement attaché. Et certes non, elle ne peut être celle de Zemmour. On ne peut partager avec ce sale type quelque chose que l’on aime passionnément.

Alors je conteste le droit à Zemmour de se prétendre être un citoyen français. Il est indigne de la République française ; une République qui ne veut nullement de scélérats tels que lui ! Qui est-il pour s’approprier la France ?

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