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Le déclin de la France est-il déjà amorcé et inéluctable ?

Le déclin de la France est-il déjà amorcé et inéluctable ?
Le déclin de la France est-il déjà amorcé et inéluctable ?

Le déclin de la France, s’il est déjà amorcé, s’explique par plusieurs conjonctures historiques et sociales contemporaines

Débâcle de l’armée française en mai 1940

Paradoxalement, le déclin de la France arrive après la première guerre mondiale qui voit la victoire de la France sur l’Allemagne. Le Traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, rend l’Allemagne responsable du déclenchement de la guerre et lui impose des dédommagements de guerre considérables, voire insurmontables pour l’économie allemande, déjà plus qu’à terre.

Un sentiment de revanche nait au sein du peuple allemand. La principale conséquence sera l’émergence d’Adolf Hitler. En effet, dans les années 30, pendant que l’Allemagne se réarmait, au mépris du Traité de Versailles, la France, forte de sa suprématie imaginaire et de sa ligne Maginot réputée infranchissable, ignore le réveil allemand. En mai 1940, le IIIe Reich d’Hitler lance une offensive.

Le Bénélux et la France sont balayés par la puissance militaire allemande. On appellera cette offensive une « guerre éclair » (Blitzkrieg). Finalement, Le maréchal Pétain, devenu chef du gouvernement, signe l’armistice le 22 juin 1940. La France est coupée en deux. C’est le début du gouvernement de la honte et d’une vile collaboration avec l’ennemi. L’antisémitisme atteint son apogée ; les Juifs sont la cible du pouvoir collaborationniste et jetés en pâture à la machine de destruction nazie. L’inhumanité atteindra un seuil jamais atteint.

Décolonisations dans la douleur

Après la seconde guerre mondiale, l’empire français va perdre toutes ses colonies. Le système colonialiste va précipiter la France dans des guerres effroyables qu’elle perdra toutes, certaines dans des conditions tragiques et particulièrement barbares.

La guerre d’Indochine dure neuf ans (1946-1954). L’armée française est sévèrement défaite à Diên Biên Phu (mai 1954). La France reconnaît l’indépendance des pays indochinois et accepte la division du Viêt Nam en deux pays par les accords de Genève (juillet 1954).

Pendant qu’en France était célébrée la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie — un 8 mai 1945 — en Algérie, plus précisément à Sétif et Guelma, l’armée française ouvre le feu sur des manifestants algériens venus rappeler les promesses de la France quant à une indépendance de l’Algérie après la victoire sur le nazisme.

Il y aura des milliers de morts. On parle de plus de 15.000 morts. Une faute impardonnable du pouvoir politique qui inscrit déjà dans l’histoire à venir une terrible guerre inévitable.

Novembre 1954 : le début de la guerre d’Algérie. Une guerre atroce, terrifiante, qui laissera des traces des deux côtés. Elle ne prendra fin qu’en mars 1962 par les Accords d’Evian (15 mars 1962).

Le 5 juillet 1962, l’Algérie fête officiellement son indépendance. Entre temps, un million de pieds-noirs aura quitté l’Algérie pour la France, dans un déchirement indicible pour la majorité d’entre eux. C’est la déchirure. Un point de non retour. L’histoire a parlé.

Les harkis ayant combattu aux côtés de la France seront abandonnés par l’armée française. Si l’on se remet dans le contexte particulier de l’époque, dû à huit ans d’une guerre sanglante, on imagine aisément le sort tragique réservé à ceux désignés comme des traîtres par le FLN algérien (Front de Libération National).

Il faut noter que c’est en 1958 que fut adoptée — par référendum auquel ont participé les Algériens — la nouvelle Constitution Française élaborée par le Général De Gaulle, rappelé en pleine guerre d’Algérie.

Mai 68 : la Révolution des mœurs d’une « société de papa » jugée archaïque

Mai 68 – Des mouvements de grève estudiantins (Nanterre) sans précédent vont gagner le pays et être rapidement rejoints par la classe ouvrière. Grèves sauvages, manifestations violentes et anarchie vont conduire la France dans une grève générale. Paralysée, elle en sortira notamment grâce à G. Pompidou qui tendra une main à la jeunesse. Les « accords de Grenelle » mettent un terme aux grèves.

La jeunesse de France lance un défi à l’autorité et veut une libéralisation des mœurs, un changement de société en profondeur. On ne veut plus de cette France à papa, mais d’une autre société où « il est interdit d’interdire. » Vaste programme.

Celui qui est directement visé est le Général Charles de Gaulle, l’homme qui n’abdiqua jamais, ne renonça jamais, face à l’invasion de la France par l’Allemagne nazie d’Hitler.

L’homme de l’appel du 18 juin 1940, Charles De Gaulle va céder devant la pression et l’ampleur de la « Révolte » et s’en ira mourir dans son coin — le 9 novembre 1970 à Colombey-les-deux-Eglises dans sa résidence de La Boisserie vers 19 heures —, après un référendum perdu. Il s’écrira : « J’ai mal, là, dans le dos« , avant de s’effondrer, emporté dans la nuit par une rupture d’anévrisme.

Le mouvement social de Mai 68 a contribué à une transformation profonde de la société française, notamment dans le domaine de l’émancipations des femmes. Beaucoup voient dans ce tournant une forte déstabilisation de la cellule familiale, et donc du tissu familial sur lequel reposait la société française. Était-ce un nouveau pas vers le déclin de la France ? Chacun jugera.

Coronavirus et pandémie

Apparition à Wuhan (Province de Hubei en Chine) en novembre 2019 du premier cas de coronavirus qui sera par la suite appelé Covid-19 par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Quand on observe que la Chine va construire, dans la foulée, deux immenses hôpitaux à Wuhan, on imagine et on craint le pire. Pourtant, l’Europe et la France, tout particulièrement, se croient à l’abri du virus.

Janvier 2020, apparition des premiers cas de Covid-19 en Europe et plus particulièrement en France. Face à l’épidémie, les Français et plus spécialement les Soignants vont manquer de tout matériel approprié pour se protéger et protéger leurs patients.

Les masques sont inexistants, les blouses et surblouses font cruellement défaut dans les hôpitaux. Le décompte du nombre de cas et celui des morts démarre sur les chapeaux de roues. Une course contre la montre débute.

Le déclin de la France qui est incapable de faire face à l’épidémie

La France n’est pas prête, et ne le sera pratiquement jamais, à affronter une telle épidémie dont on ignore à peu près tout. La situation dans les services de réanimation est alarmante. Devant l’encombrement plus qu’ inquiétant des hôpitaux, des transferts de malades se font entre régions dans des conditions très difficiles ; les médecins ont recours à des tris sur les patients quotidiennement, par manque de lits de réanimation, de personnels spécialisés et de matériels dont les respirateurs (ventilation mécanique).

On touche à l’inhumain, l’inacceptable. Aucune visite aux malades n’est autorisée. Certains pleurent leurs morts sans possibilité de les approcher, ni de leur dire adieu. Les enterrements se font dans la précipitation. Les rites religieux liés aux enterrements (chrétiens, juifs, musulmans) sont expédiés. A un virus dévastateur, on ajoute l’indignité.

Le 17 mars 2020, dans une allocution télévisée, le Président Emmanuel Macron ordonne un confinement national strict ; tout est bouclé, y compris les écoles, collèges et lycées. Le déconfinement aura lieu le 11 mai 2020. Lors d’une deuxième vague, un second confinement a lieu du 30 octobre au 15 décembre 2020. Depuis, ce sont des couvre-feux et des confinements en fin de semaine qui règlent la vie des Français perdus, usés, fatigués et résignés.

Le mythe d’une France ayant le meilleur système de soin au Monde tombe. Les Français sont médusés de constater que l’on est incapable de tester, tracer et isoler. C’est un fiasco qui s’ajoute à tant d’autres.

La seule Nation des cinq pays permanents au Conseil de Sécurité (ONU) à ne pas avoir produit un vaccin anti covid-19 est la France. Un nouveau signe fort d’un déclin de plus en plus évident.

Le démarrage raté des vaccinations de masse, seule solution pour sortir de ce cauchemar, s’ajoute à la confusion générale. Empêtrée dans la logistique, embourbées dans les rouages d’une administration hyper concentrée et d’une lourdeur accablante, la France cafouille. Elle est dans l’incapacité de mettre au point une stratégie de vaccination efficace ; elle n’avance pas, n’avance plus. La France est paralysée, entravée par elle-même, par le poids d’une bureaucratie qui écrase impitoyablement toute bonne volonté.

Un an après le premier confinement, force est de constater que rien n’a été fait pour faciliter la vie de nos Soignants, ceux que nous applaudissions — en mars dernier à 20 heures — comme nos sauveurs. Fatigués, écœurés, beaucoup ont rendu leur blouse.

Le principe de laïcité fait de la France une exception

Le principe de laïcité, découlant de la loi de 1905, permet aux citoyens de croire ou de mécroire dans le respect des uns et des autres : la religion est reléguée dans l’espace privé et c’est un pouvoir civil politique qui conduit les affaires du pays. Cela a été, semble-t-il, une avancée fondamentale dans l’histoire de France. Toutefois, on peut noter que ce principe de laïcité est parfois utilisé à des fins de contrôler les religions, notamment l’islam ; c’est en tout cas ce que ressentent des millions de fidèles de cette religion.

Des pays tels l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Portugal ne sont-ils pas des démocraties ? Bien sûr que si. Pourtant dans ces pays, la religion et Dieu ne sont pas des sujets tabous. Un responsable politique peut y exprimer ses convictions religieuses sans se voir accuser et clouer au pilori.

Il faut reconnaître que l’exception française qui consiste à s’en tenir à une neutralité sans faille, en matière de religion, n’est plus comprise à travers le Monde.

Le phénomène des Gilets Jaunes

Il y a des épisodes qui marquent tant qu’on a toujours l’impression, dans nos têtes, qu’ils ont eu lieu hier. C’est le cas de la révolte des Gilets jaunes. Un événement qui est subitement apparu, rappelant aux pouvoirs politiques les problèmes rencontrés par les populations rurales françaises. La campagne a été sacrifiée au profit des gigantesques métropoles urbaines.

On évoquera l’archipelisation de la société française. Une dure réalité venu fracasser la tranquille réalité parisianiste et urbaine d’une partie de la population. Les Gilets jaunes ont incontestablement marqué cette décennie et mis en évidence le déclin de la France.

Le déclin de la France dû aux effets corrosifs des minorités influentes dans la société

Dans une démocratie, c’est la majorité qui gouverne dans le respect des minorités. Or, ce principe de fonctionnement est biaisé. Nous constatons, en effet, que les minorités françaises, dans tous les pans de la société, sont de plus en plus actives au sein des milieux qui gouvernent.

Des décisions importantes ont récemment divisé les Français : mariage pour tous, PMA (procréation médicalement assistée), GPA (gestation par autrui), séparatismes, etc. Toutes ces décisions, ne répondant qu’aux inspirations de minorités spécifiques, ont créé de graves troubles dans la société française. Les règles fondatrices de la société française sont durement ébranlées. Cela ne peut évidemment qu’accentuer la révolte des courants très conservateurs.

Les minorités ne peuvent dicter leurs lois à la majorité. Ce serait déséquilibrer un ordre des choses fondé, des siècles et des siècles durant, sur des règles morales ayant fait consensus depuis la nuit des temps. On peut tout remettre en cause, mais détruire les fondations d’une habitation revient à écrouler celle-ci.

Autre point important et particulièrement corrosif : celui d’un néo-féminisme totalement débridé qui est en train d’opposer les femmes aux hommes. Ni plus, ni moins. La société avance sur deux jambes : une dualité homme femme, l’un respectant l’autre, en parfaite complémentarité.

Nous en sommes également réduits à matraquer la langue française par l’écriture dite inclusive et à mettre au point des budgets « genrés ». Nous n’allons pas tarder à revenir à la « théorie du genre » : le sexe, défini par des caractéristiques biologiques (génétiques, chromosomes, hormones) et le genre, qui relèverait d’une construction sociale. 

En somme, sexe et genre seraient deux choses différentes. N’y a-t-il pas là un risque de perdition pour l’homme et la femme ? Des psychologues commencent déjà à tirer les sonnettes d’alarme.

Pour toutes ces raisons évoquées, il y en a d’autres — notamment sur le plan économique (désindustrialisation, délocalisation, dépendance de la Chine…) — le déclin de la France est-il déjà écrit ? Si rien n’est fait dans la décennie que nous vivons, ce déclin de la France sera effectif.

Touhami
Touhami – INFOSPLUS

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