Les croyances religieuses sont-elles au-dessus des lois de la République ?

Les croyances religieuses sont-elles au-dessus de celles de la République ?
9 mars 2015 : Les trois grandes religions monothéistes écrites sur un tableau dans une classe du primaire d’une école (illustration), France.

Au sujet des croyances religieuses, soyons clairs et précis. Lorsque l’on vit dans un pays tel la France, on en respecte évidemment les lois, les règles et les principes fondamentaux. C’est le pacte républicain, c’est le vivre ensemble, c’est une adhésion à l’une des civilisations — sur un plan social — qui ont fait leurs preuves.

Nul n’est censé ignoré la loi, et s’il y a des droits, il y a évidemment, en contrepartie, des devoirs. De la raison nait la sagesse, de la sagesse naissent des lois permettant aux hommes de vivre ensemble, dans le respect des uns et des autres. On appelle cela une civilisation.

Mais il se peut aussi que l’on soit croyant, que l’on ait une foi profonde, des croyances religieuses, notamment au travers des religions monothéistes : judaïsme, christianisme, islam. Dans la pratique de ces trois grandes religions, un fidèle peut-il mettre ses croyances religieuses au-dessus de la République ? La réponse est clairement non sur un plan collectif. Mais sur un plan individuel, cela mérite un développement.

Prenons un exemple simple. Un citoyen, lorsqu’il est victime d’une injustice, quelle qu’elle soit, peut, à la suite d’un procès, considérer, dans son for intérieur, que la justice des hommes n’a pas été à la hauteur de ses attentes. Il se peut alors que cela entraine de la frustration et du ressentiment. Car la justice des hommes est imparfaite.

Cependant, un citoyen peut être un fervent croyant sans que cela ne l’empêche de respecter les lois de son pays. Mais, dans l’exemple, ce citoyen s’estime lésé et cela le désespère. Alors, en croyant qu’il est, et en désespoir de cause, il se tourne vers Dieu, l’Invoque et Lui demande réparation. Il espère une intervention divine puisque, selon lui, les hommes auraient failli. Une espérance tout autant respectable qu’acceptable. La religion n’est rien d’autre qu’une espérance en un monde meilleur, ailleurs.

Ce citoyen mettrait-il ses croyances religieuses au-dessus des lois républicaines ? Dans l’islam (par exemple) — religion la plus contestée en Occident — cet individu fait appel à des préceptes religieux : tout est déterminé entre lui et Dieu parce qu’il s’adresse à son Seigneur au nom d’une foi intime qui les unit. Il n’y a donc, a priori, aucun rapport avec les lois de la République qui découlent d’un ensemble politique, social et législatif.

Les croyances religieuses ne peuvent, dans le pacte républicain, se substituer aux lois de la République. Tout contrat, tout pacte doit être respecté. Lorsqu’un fidèle en appelle à Dieu, il L’invoque en raison de sa foi. C’est une liberté fondamentale individuelle liée au droit de culte. La République garantit le droit de culte, elle accepte, par conséquent, que la foi individuelle peut être transcendante et permettre à tout Croyant d’être libre dans ses pensées au-delà de toute contrainte, ou autre obligation, imposée par la société.

Croire en Dieu ne met pas hors-la-loi même lorsque le fidèle s’autorise à placer Dieu au-dessus de tout le reste, puisqu’il ne contrevient en rien aux lois des Hommes. C’est affaire entre lui et son Créateur. Une des libertés les plus fondamentales est la faculté de vivre sa foi comme on le souhaite dès lors que celle-ci ne serait pas en en conflit avec le contrat social liant les citoyens.

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