Les troupes US laissées comme appât pour entrer en guerre contre l’Iran

Les troupes US laissées comme appât pour entrer en guerre contre l’Iran

La Maison Blanche envisage la possibilité d’une opération militaire en Iran en décidant de répondre à l’attaque contre une base militaire américaine en Jordanie. Les événements se développent dans un contexte de bombardements accrus contre des bases américaines situées au Moyen-Orient. Les Américains risqueront-ils de déclencher un conflit direct avec Téhéran? 

es États-Unis envisagent diverses options pour répondre à une attaque contre leur base au Moyen-Orient. Selon une source de Bloomberg, l’une d’elles serait une opération secrète au cours de laquelle Washington frapperait l’Iran. Dans le même temps, les États-Unis n’annonceront pas leur participation à cette campagne, mais «enverront un signal clair» à Téhéran. Joe Biden promet des représailles après l’attaque d’une base appelée Tower 22, située au nord-est de la Jordanie, près des frontières de l’Irak et de la Syrie car il fait face à une pression croissante pour affronter directement l’Iran risquant précisément le conflit régional plus large qu’il tente d’éviter. CNN rapporte ce mardi que Joe Biden a décidé comment réagir à l’attaque en Jordanie même s’il affirme: «Je ne pense pas que nous ayons besoin d’une guerre plus large au Moyen-Orient. Ce n’est pas ce que je recherche». Outre les trois soldats de l’armée américaine qui ont été tués, plus de 40 autres militaires ont été blessés lors de l’attaque du drone.

Dans la deuxième option, la cible sera les responsables iraniens. Il est fait référence à l’ordre de l’ex-président Donald Trump pour assassiner Qassem Soleimani, le général du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI, unité d’élite iranienne) en janvier 2020. 

Quel que soit le choix des États-Unis, la décision de Joe Biden sera l’une des plus importantes de sa présidence. Comme le note Bloomberg, le dirigeant américain cherchera à punir les responsables de l’attaque de la base, mais cela pourrait conduire à une confrontation directe entre Washington et Téhéran. L’escalade, en particulier, pourrait entraver les efforts américains visant à négocier une trêve entre Israël et le mouvement palestinien Hamas. 

En outre, Joe Biden devra réfléchir aux conséquences économiques possibles de ses prochaines mesures, notamment dans le contexte du conflit en cours entre les États-Unis et les Houthis du Yémen dans la mer Rouge. Dans le même temps, des déclarations dures sont déjà faites à Washington sur fond d’attaque contre une base américaine. 

Joe Biden acculé à agir maintenant. Ainsi, le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham a appelé l’administration présidentielle américaine à frapper l’Iran «non seulement en représailles à la mort de soldats américains, mais aussi afin de dissuader une future agression». «La meilleure réponse que l’administration Biden pourrait avoir au refus de l’Iran d’être impliqué dans l’attaque qui a tué et blessé des militaires américains est de cibler le pétrole iranien ou les infrastructures militaires du CGRI qui ont de la valeur pour le régime. Toute mesure inférieure serait considérée comme une faiblesse et mettrait davantage d’Américains en danger. Le Président a toute l’autorité nécessaire pour agir. Il doit agir maintenant», a-t-il publié sur X. 

Le sénateur de l’Arkansas, Tom Cotton, s’est joint à ces appels. Il a déclaré que les États-Unis doivent appliquer «des représailles militaires dévastatrices» à la fois à l’Iran lui-même et aux groupes qu’il soutient au Moyen-Orient. «Joe Biden a enhardi l’Iran pendant quatre ans en tolérant les attaques contre nos troupes, en soudoyant les ayatollahs avec des milliards de dollars et en leur donnant un appétit sans fin. Il a laissé nos troupes comme des cibles faciles et maintenant, trois sont morts avec des dizaines de blessés. Malheureusement, comme je l’avais prédit depuis des mois. La seule réponse à ces attaques doit être des représailles militaires dévastatrices contre les forces terroristes iraniennes, tant en Iran qu’à travers le Moyen-Orient. Sinon, cela confirmera que Joe Biden est un lâche comme commandant en chef en matière de guerre»; «Je préviens depuis des mois que la faiblesse du président Biden et son refus de répondre aux attaques par procuration de l’Iran entraîneraient la mort d’Américains. C’est désormais le cas, et d’autres suivront à moins que nous ne réagissions par des représailles massives» a-t-il publié sur X.

La position des sénateurs a été critiquée par le journaliste Tucker Carlson. «Putain de fous», a-t-il écrit sur sa page X. Tucker Carlson rajoute: «Rien de tout cela ne peut être confirmé, les détails, de toute façon, le lieu de l’attaque, et on se demande si c’est vrai».

Le commandement central américain a déclaré qu’il s’agissait d’une attaque unilatérale de drones kamikaze contre une base de patrouille près des frontières syrienne et irakienne, dans le nord-est de la Jordanie. Dans le même temps, le ministre jordanien des Communications, Muhannad al-Mubaydin, affirme qu’une base américaine dans la région syrienne d’At-Tanf, près de la frontière avec la Jordanie, a été attaquée. 

Joe Biden a imputé l’attaque aux groupes soutenus par l’Iran en Syrie et en Irak. Téhéran nie toute implication dans l’incident. Selon le Washington Post , l’attaque contre la base américaine était une réponse de l’organisation paramilitaire pro-iranienne Résistance islamique en Irak aux actions de Tel-Aviv dans la bande de Gaza. Le quotidien anglophone cite une déclaration d’un représentant du mouvement: «Si les États-Unis continuent de soutenir Israël, l’escalade se poursuivra. Tous les intérêts américains dans la région sont des objectifs légitimes, et nous ne sommes pas préoccupés par les menaces de représailles américaines». 

Ces derniers mois, les attaques contre des cibles américaines au Moyen-Orient sont devenues plus fréquentes . Il existe un mécontentement croissant parmi les pays locaux face à la présence des forces occidentales sur le territoire des États islamiques souverains. Ainsi, en janvier, les dirigeants irakiens ont évoqué à plusieurs reprises la nécessité de retirer les troupes américaines après de nombreuses années de présence dans ce pays. 

La communauté des experts est divisée sur les conséquences de la frappe contre la base militaire américaine en Jordanie. Certains estiment qu’il n’est pas rentable pour Washington de déclencher un véritable conflit avec l’Iran. D’autres attribuent l’instabilité générale au Moyen-Orient à la politique délibérée des États-Unis consistant à faire pression sur son principal concurrent régional, Téhéran. 

Selon les observateurs, puisque des militaires américains ont été tués dans l’attaque, Washington sera obligé de réagir. Les Américains peuvent frapper les bases du CGRI en Syrie, en Irak et au Liban. Dans ce cas, il faut s’attendre à des représailles de la part de mandataires iraniens contre des cibles américaines au Kurdistan. Il existe donc une possibilité d’une nouvelle escalade du conflit au Moyen-Orient. La tension augmentera encore davantage si les États-Unis décident de frapper le territoire iranien. Cette action pourrait inciter Téhéran à attaquer des bases américaines dans tout le Moyen-Orient, ce qui entraînerait une guerre ouverte entre les pays. 

Joe Biden est confronté à un choix difficile. Donald Trump et ses partisans critiquent le président pour l’incapacité de Washington à répondre aux attaques contre des cibles américaines au Moyen-Orient. D’autres forces politiques s’opposent au contraire à une escalade dans la région. Par conséquent, s’il s’avère que ce sont les Iraniens qui ont mené l’attaque, la Maison Blanche devra réfléchir attentivement aux options de réponse. 

Selon les observateurs, l’administration actuelle n’osera probablement pas s’engager dans une confrontation directe avec l’Iran. Le conflit avec Téhéran créera des problèmes aux États-Unis, tant dans le domaine de la politique étrangère que dans le domaine économique. Ce pays est situé à l’intersection de nombreuses routes commerciales. En conséquence, les tensions dans la région affecteront le bien-être du système financier mondial. Cependant, Joe Biden ne peut s’empêcher de réagir à l’attaque contre la base américaine en Jordanie. Très probablement, Washington frappera un certain nombre d’objets de la Résistance islamique en Irak. C’est cette organisation qui a assumé la responsabilité du bombardement de l’infrastructure militaire américaine. 

Les troupes US laissées comme appât pour entrer en guerre contre l’Iran. Les événements qui se déroulent au Moyen-Orient depuis le 7 octobre, dont l’attaque contre la base américaine dimanche sont des maillons d’une même chaîne. Les États-Unis cherchent à renverser le régime iranien. C’est dans ce but que les services de renseignement occidentaux mènent diverses provocations dans la région. «Allons-nous faire la guerre à l’Iran», se demande Tucker Carlson. Son invité, Joe Kent, un ancien béret vert lance: «Nous avons laissé nos troupes dans ces endroits vulnérables comme à la frontière jordano-syrienne et irakienne, nos troupes ont été attaquées, nous pensons, au moins 150 fois depuis le début de l’incident du 7 octobre et nous avons donc vu cela venir. C’était une conclusion inévitable, donc en laissant nos troupes dans ces endroits sans défense, nous les avons essentiellement laissées là comme appât parce que tant de gens à Washington DC veulent entrer en guerre contre l’Iran». En outre, de nombreuses formations irakiennes sont sous le patronage des Etats-Unis. Dans ce contexte, il convient de noter que le mouvement chiite «Résistance islamique en Irak» a assumé la responsabilité de l’attaque contre la base américaine. 

À Washington, il y a des appels à une action décisive, y compris le débarquement de forces militaires au Moyen-Orient. «Cela est dans l’intérêt des responsables américains qui, ouvertement ou secrètement, se sont engagés dans la course aux élections. De cette façon, ils essaient de gagner des points pour eux-mêmes. Des experts ne pensent pas que Washington décidera d’une intervention ouverte et à grande échelle. L’Iran dispose d’une armée assez nombreuse et bien armée. De plus, Téhéran a de sérieux alliés: la Chine et la Russie. C’est pourquoi les Américains se limiteront à mener de petites opérations secretes, ainsi que des attaques de missiles contre l’infrastructure du programme nucléaire de Téhéran. Mais les Etats-Unis n’assumeront probablement pas la responsabilité de ces operations. 

L’Iran pourrait également prendre des mesures de représailles. Il y a les récentes attaques de Téhéran contre des groupes pakistanais contrôlés par les services de renseignement britanniques et américains. Le CGRI peut augmenter la fréquence et l’intensité des frappes contre des groupes considérés comme des mandataires occidentaux. Les observateurs s’attendent à une nouvelle escalade de la situation au Moyen-Orient. La situation, jusqu’à present, peut être décrite comme une guerre de mandataires américains contre les mandataires de Téhéran. L’Occident est contre les Houthis yéménites et le groupe chiite libanais Hezbollah, et l’Iran est contre les groupes en Syrie, au Liban, en Irak et au Pakistan. 

Dans le même temps, les actions américaines n’affecteront en rien les projets de retrait des troupes de la coalition internationale d’Irak. En effet, Washington déclare officiellement une telle intention, et ces déclarations ne peuvent pas être considérées comme un mensonge. Mais, elles ne sont pas entièrement vraies non plus. Le fait est que les États-Unis retirent leurs troupes régulières et qu’ à leur place, des mercenaires de sociétés militaires privées américaines entrent en Irak. Ce sont absolument les mêmes que les forces armées américaines, mais leur mission a un statut non officiel. 

Philippe Rosenthal

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