8 mai 1945 : festivités en France, massacres de civils en Algérie ayant participé à la victoire contre le nazisme

8 mai 1945 : festivités en France, massacres de civils en Algérie ayant participé à la victoire contre le nazisme
Massacres en Algérie, le 8 mai 1945 : Sétif, Guelma et Kherratha

Le 8 mai 1945 est une commémoration paradoxale dans l’histoire de France. En France, on fêtait la victoire sur l’Allemagne nazie d’Hitler, tandis qu’en Algérie l’armée française ouvrait le feu sur des civils venus fêter la victoire des Alliés mais aussi demander aux autorités de respecter leur parole sur l’autonomie de l’Algérie.

La colonisation de l’Algérie a débuté dans un bain de sang en juillet 1830, elle se terminera dans un bain de sang également. Les accords d’Evian, le 18 mars 1962 à Evian-les-Bains, mettront fin à cette terrible guerre d’Algérie.

Les massacres du 8 mai 1945 — notamment à Guelma et Sétif — seront le déclencheur d’une guerre de libération devenue inévitable. La goutte d’eau qui fera déborder le vase. La rancœur, les injustices, le mépris et l’oppression devenaient insupportables. Le FLN s’engagera dans une guerre totale et jusqu’auboutisme, le 1er novembre 1954. Plus rien ne pouvait arrêter les vents de liberté qui soufflaient sur tout le pays. Et peu importe le prix à payer.

L’entente était pourtant claire. La France est défaite en quelques semaines (mai/juin 1940) par une guerre éclair (Blitzkrieg) conduite par les troupes allemandes du IIIe Reich. Les lignes de défense françaises, à commencer par la ligne Maginot, sont brisées, cassées, et pulvérisées. Paris est déclarée ville ouverte. Adolf Hitler jubile. Il tient sa revanche sur la France et le Traité de Versailles.

C’est à partir de ses colonies que la France renaîtra de ses cendres, notamment à partir d’Alger. Les Algériens, entre autres, vont être mis à contribution. « Battez-vous à nos côtés pour libérer la France du nazisme et nous vous promettons d’ouvrir le dossier de l’autonomie de l’Algérie après la victoire » ont proclamé les autorités françaises aux Algériens.

Le 8 mai 1945, à Sétif, Guelma et Kherrata, des centaines de milliers de manifestants défilent, drapeau algérien à la main, heureux de participer à la victoire française, mais également pour rappeler aux Français leurs promesses.

Mais alors que la France fêtait sa victoire ce 8 mai 1945, son armée coloniale massacrait des dizaines de milliers de civils Algériens ayant pourtant participé à la victoire contre le national-socialisme (nazisme) allemand.

En Algérie, le chiffre de 40 à 50.000 victimes civiles sera avancé. Ces événements auront pour conséquence de crisper et de radicaliser le mouvement national algérien (FLN).

Tant qu’il existera des groupes de pression en France qui interdisent toute reconnaissance des crimes commis en Algérie au nom d’un système colonialiste barbare, abject et inhumain, la réconciliation entre les deux pays n’est pas pour demain.

Pourtant, il serait temps de passer à autre chose. Et pour cela, il appartient à l’oppresseur de reconnaître ses crimes et fautes.

Parce qu’en Algérie, les lois de la République n’ont jamais existé. Ce n’était pas le siècle des Lumières, mais celui des ténèbres. Et ne me dites pas que c’est de la victimisation. C’est juste les récits de l’histoire.

Je ne peux oublier ces millions de citoyens Français, conscients de ce qui se passait réellement “là-bas”, qui sortiront dans les rues battre le pavé à travers la France pour aider les Algériens dans leur lutte de libération. C’est le système colonialiste (les pouvoirs politiques successifs) qui est responsable, pas le peuple de France qui était loin de savoir ce qui se passait en Algérie.

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