Polisario : les USA ne font pas du Maroc une priorité en Afrique du nord

Polisario : les USA ne font pas du Maroc une priorité en Afrique
Brahim Ghali Chef du Polisario

Polisario : communiqué officiel (Maison Blanche, mi-avril 2021) : “Le président Joe Biden a annoncé son intention de nommer neuf membres de carrière du Senior Foreign Service en tant qu’ambassadeurs pour représenter les Etats-Unis sur la scène mondiale.” 

Pays concernés : Algérie, Cameroun, Somalie, Lesotho, Sao Tomé et Principe, Sénégal, Guinée Bissau, Congo, Bahreïn et Vietnam. Le Maroc n’y figure pas. Ce qui signifierait que le royaume chérifien passerait désormais au second plan.

Pourtant, de la presse marocaine à l’écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun, tout le Maroc fanfaronne que le Président Joe Biden ne reviendrait pas sur la reconnaissance personnelle de Donald Trump sur la souveraineté (et non la marocanité puisque les Sahraouis contestent cela) du Maroc sur le Sahara Occidental.

C’est aller un peu vite en besogne. Les USA sont une grande démocratie — probablement la plus grande — attachée au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Les Etats-Unis sont également membre permanent au Conseil de sécurité et donc respectueux des résolutions de l’ONU. Or, à l’ONU, le Polisario est reconnu comme mouvement aspirant à l’autodétermination du peuple sahraoui.

Le monde entier n’oublie pas non plus la perversité du troc passé entre Donald Trump et le Maroc : reconnaissance par Trump de la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental contre une normalisation des relations entre le roi Mohamed VI (je doute que tous les Marocains soient d’accord) et Israël.

Dans ce deal bilatéral sur l’affaire du Polisario, les préoccupations de Donald Trump étaient plus portées sur son ami intime Benjamin Netanyahu que sur le Sahara dont il se fiche éperdument. Quant à l’ONU, on connait les sentiments profonds de Trump sur cette organisation. Par cet “accord” scélérat, le roi du Maroc a sérieusement égratigné son image dans le monde arabe et musulman. Il risque d’en porter des stigmates pour très longtemps.

Le pouvoir marocain a tort de croire (ou faire croire) que ce “marchandage” — troc entre Trump et Mohamed VI — de la cause sahraouie, portée par le mouvement du Polisario, serait une grande victoire diplomatique. Tout cela n’est qu’illusion.

L’allégeance, la soumission du Maroc à Israël est une chose, le droit à une autodétermination des Sahraouis en est une autre. Beaucoup de pays, non des moindres, soutiennent la cause des Sahraouis et demandent l’abrogation de l’accord passé entre Trump et ses supplétifs marocains.

Si l’Algérie avait accepté — comme cela lui a été proposé — de normaliser ses relations avec Israël (il faudrait prier jour et nuit pour cela) ce n’est pas le Sahara Occidental que lui aurait “offert” Donald Trump, mais une grande partie de l’Afrique. Mais peut-être que les deux voisins (je parle des autorités de chaque pays) n’ont pas les mêmes approches sur l’honneur, la dignité et la fierté.

Plus personne n’ignore que les Etats-Unis d’Amérique font entière confiance à l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme, notamment dans le Sahel. Au lendemain des attentats du 11 septembre, Georges W. Buch (alors Président) avait souhaité une étroite collaboration avec l’Algérie sur le terrorisme international. L’Algérie a en effet une grande expérience en ce domaine forgée dans sa lutte contre le FIS et le GIA dans les années 90. Depuis, cette collaboration s’est maintenue et renforcée.

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