Terrorisme jihadiste : il faut un contre-jihad de la raison et de la conscience

L’islam face au terrorisme. Des centaines de millions de musulmans peuvent-ils se laisser déposséder de leur religion par des barbares venus d’un autre temps ?

 

Le terrorisme jihadiste : un fléau mondial qui nuit au monde musulman

Le terrorisme est désormais devenu une menace internationale puisqu’il touche tous les continents, ou quasiment tous, et notamment l’Europe. Les citoyens européens découvrent, effarés et médusés, ce terrorisme barbare, impitoyable et terrifiant, dont ils n’avaient jusque-là que de vagues aperçus vus à la télévision. De malheurs en malheurs, d’attentats en attentats, les Français pleurent leurs morts, désespèrent, prient, angoissent et tentent tant bien que mal de garder la tête haute face à ce nouveau fléau mondial. Comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce qui pousse des citoyens français nés en France, de parents nés en France, à se retourner contre leurs concitoyens ? Autant de questions auxquelles il faudra vite apporter des questions. Et ce ne sont pas les raccourcis pris par les extrémistes de tous bords qui apporteront des réponses à ces maux récurrents et latents.

Et les citoyens français de confession musulmane, dans tout cela ? Leur faudrait-il, comme l’a suggéré monsieur D. Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, s’impliquer davantage dans la lutte contre le terrorisme et crier à tue-tête leur indignation et leur rejet de tels actes démoniaques accomplis au nom de l’islam ? Leur faut-il, parce qu’ils sont musulmans, s’avancer, se battre, affirmer plus que tout autre citoyen français, non musulman, leur appartenance à la Nation française, en se justifiant ? N’est-il pas également d’innombrables familles de « traditions » musulmanes totalement dépassées par les événements lorsqu’ils voient leurs enfants répondre favorablement aux voix des sirènes qui les appellent au jihad, à la radicalisation religieuse ? Quelqu’un les entend-il, les écoute-t-il ? Connait-on leurs douleurs et leurs souffrances ?

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Terrorisme et islam sont antinomiques 

A cette question — posée au début du second chapitre — chacun est libre, en son âme et conscience, d’apporter la réponse qu’il souhaite, qu’il pense être la plus appropriée à cette tragédie planétaire. Mais je voudrais, si vous me le permettez, apporter ma propre analyse, mon propre jugement sur cette situation éminemment périlleuse, dangereuse pour notre devenir et notre vivre ensemble. En effet, tout musulman est attaché au respect du droit, à la justice, à l’estime d’autrui, à l’amour de son prochain. Or, ces fous fanatiques, ces écervelés sont sur le point de nous (musulmans) déposséder de notre religion, celle de nos parents, qui est à l’origine de notre dignité, de notre noblesse, de notre civilisation, de notre histoire et de notre grandeur. Nous ne pouvons rester les bras croisés et observer ces déments, ces aliénés, tuer, assassiner, briser des vies entières au nom de Dieu, du Prophète et de notre religion. Il faut répondre à ce jihad insensé et détraqué par un contre-jihad, celui de la raison, de la conscience, de la civilisation humaine, celle qui a élevé haut l’homme dans les échelles du savoir et de la connaissance ; un jihad qui condamnerait l’obscurantisme, la haine, la folie destructrice, et qui prêcherait pour la tolérance, la paix et l’amour entre les hommes.

Nous ne pouvons plus nous contenter de rester spectateurs et de scander, tous en chœur : « non à l’amalgame, à la stigmatisation! » En mon temps, je l’ai fait. Mais cela ne suffit plus. Il appartient à la communauté musulmane de France de remettre de l’ordre dans ses rangs, puisqu’il s’agit de citoyens de nationalité française. Chacun d’entre nous est un ambassadeur de sa religion dès lors qu’il y serait profondément attaché ; et nous sommes nombreux dans ce cas. Les comportements doivent changer et montrer, démontrer autre chose. Manger halal et porter une barbe, ou un voile pour une femme, ne font pas la piété. Ce sont les actes, les paroles, les attitudes, les implications personnelles dans tous les pôles essentiels de la société qui feront des citoyens français de confession musulmane des acteurs privilégiés, respectés et valorisés par le reste de la population. Le sectarisme, l’exclusion, le rejet, la scission, le démarquage, le repli sur sa communauté, tout cela ne contribuerait qu’à marginaliser encore plus l’islam et donc les musulmans. Car les musulmans de France sont une des principales composantes de la société française ; à eux d’exister et de briller par leurs différents talents.    

Touhami Moualek       

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