Novembre 2009 déjà : et si nous faisions plus ample connaissance

Novembre 2009, et si nous faisions plus ample connaissance

Novembre 2009 : et si nous faisions plus ample connaissance, déjà !

En novembre 2009 déjà, tous les sujets brulants d’aujourd’hui étaient déjà abordés (mais personne n’y a jamais prêté attention)

Novembre 2009 : un livre intitulé : La Déchirure – Algérie de mon père, France de mon enfance ; aux éditions EDILIVRE.COM. J’ai eu l’occasion, sur ce même blog, de répondre aux principales questions posées par les lectrices et les lecteurs. L’article en question s’intitule « la déchirure ».  Vous pouvez donc le consulter sur ce même blog. J’y réponds avec franchise et honnêteté.

Je m’exprime sur mon blog par l’intermédiaire d’articles basés sur l’actualité, ou d’ordre plus général. Mon objectif est notamment de pousser à la réflexion et à l’analyse. Je m’intéresse de près à la politique, comme beaucoup d’entre vous, sans pour autant être un professionnel. Ma sensibilité politique serait plutôt à gauche par son côté idéologique, et plutôt à droite par son côté pragmatique.

De nombreux intervenants, par le biais de ce site ou d’autres sites Internet, m’ont témoigné un élan de soutien fort encourageant. Toutefois, je reconnais que plaire à tout le monde relève de l’exploit. Et je n’ai pas cette prétention. J’ai essuyé de virulentes attaques, souvent fondées parce que basées sur des critiques objectives, mais parfois désobligeantes dans le sens où elles constituaient plus des attaques personnelles. Chacun peut comprendre que l’on ne peut accepter d’être directement incriminé. Pour ma part, je combats toujours des idées ; jamais je ne m’en prends aux personnes. Cela reviendrait à me discréditer. Je suis plutôt pour la recherche d’un consensus, ou d’un compromis, dans tous les cas.

J’ai pris position pour tel ou tel sujet de l’actualité, même à contre-courant, parce que je suis un homme de conviction. Tant pis, je ne suis pas là pour faire plaisir à mes adversaires.

Aussi, et pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté, j’aimerais clarifier mes positions sur les thèmes ci-après.

L’islam

L’islam m’a inculqué des valeurs morales universelles qui ont contribué à faire de moi ce que je suis. En ce sens, je crois que l’islam n’est pas incompatible avec les lois de la République. Toutefois, la religion est une affaire personnelle. Je m’interdis donc tout prosélytisme ou signe ostentatoire, car je vis dans un pays laïc et je suis très attaché à cette laïcité. En contrepartie, j’exige que l’on ne me regarde pas en Arabe ou en musulman, mais en tant que citoyen français à part entière.

Mes parents pratiquaient un islam qui ne posait pas de problème. J’en ai hérité. Or, depuis les années 1980, sont apparus ceux que l’on a appelés les « barbus ». Depuis, je reconnais que l’islam, dans l’esprit de certains agitateurs musulmans, ne cesse de se radicaliser. D’où ce rejet brutal de la part de la communauté « française », installée depuis des siècles et des siècles, de tous les musulmans. Parce que celle-ci est exaspérée et inquiète de ce qu’on lui rapporte des musulmans et de l’islam. Ce rejet est guidé par la peur ; une peur irrationnelle, exploitée par ceux qui évidemment voudraient confondre tous les musulmans avec le terrorisme. Hélas, les médias contribuent à cet amalgame dangereux.
 

Or, les musulmans, dans leur immense majorité, condamnent les actes terroristes et prennent publiquement leur distance avec les partis extrémistes. Pour ma part, je crois profondément que l’on doit se conformer aux lois et au mode de vie du pays dans lequel on vit. Aimons la France telle qu’elle est, elle nous aimera tels que nous sommes. Les discriminations et les injustices dont la communauté maghrébine (et d’autres d’ailleurs), est victime doivent être combattues sans relâche. Mais cela ne peut en rien justifier la violence, les actes de vandalismes, tels que ceux que nous avons connus en Novembre 2005. La démocratie offre des possibilités multiples de faire valoir ses droits ou de se faire entendre sans recourir à la casse. La devise républicaine « liberté, égalité, fraternité » me convient tout à fait et correspond en grande partie à mes idéaux.
  

Je souhaiterais, et c’est un vœu qui m’est cher, que les musulmans de France fassent bien la dissociation entre les lois de la République, qui prévalent sur toute autre loi ou règle, et la religion. C’est ainsi que nous occuperons enfin la place qui doit être la nôtre au sein de la communauté française. Cela ne signifie pas que l’on doit renoncer à sa culture d’origine, son histoire, sa religion et à son pays natal, donc ses racines. Il n’y a aucune incompatibilité entre la sagesse de la culture orientale et les enseignements philosophiques et moraux enseignés en Occident. Chacun interprète et analyse à sa manière, selon ses convictions, ses croyances, et ses propres valeurs. Le tout étant que le bonheur de l’être humain soit toujours la préoccupation de tout un chacun. L’islam n’est en rien contre tout cela.

L’explosion des banlieues

J’ai été particulièrement affecté par les derniers événements survenus dans les banlieues françaises. Voir les images de ces gamins affrontant les forces de l’ordre, alors qu’ils sont encore si jeunes, cela m’a vraiment bouleversé. Tous ces gosses plongés dans le malheur, cela m’a mis dans une colère bleue. Nous avons une responsabilité collective indéniable. Je me sens responsable de tout ce gâchis. Heureusement, les forces de l’ordre ont fait preuve d’un sang-froid remarquable. Cela a permis d’éviter des drames
 

On me reproche souvent d’aborder certains problèmes avec un prisme évident. Honnêtement, je ne pense pas que mes analyses et mes réflexions soient déformées par des sentiments ou des rancœurs intrinsèques. Mais l’histoire a parlé, les stigmates sont là, présents, sans doute à jamais. Peut-être ce prisme vient-il de mon parcours, de mes expériences personnelles, comme tout être humain ayant vécu des hauts et des bas, ne maîtrisant pas toujours son destin (la guerre d’Algérie et l’exil, par exemple – voir l’article : la déchirure). La rancœur évacuée, il me reste la colère, beaucoup de colère.

On a énormément écrit sur les banlieues. Chacun s’y est subitement intéressé. Pourtant, avant ces événements, tout le monde se voilait la face, à droite comme à gauche. J’ai moi-même eu l’occasion de m’exprimer à travers des articles. Je continue à croire qu’il naît et qu’il naîtra de ces banlieues de nouveaux talents, une nouvelle intelligence, plus pragmatique, plus généreuse, moins artificielle. S’il y avait une urgence à traiter en premier, je pense que ce serait celle d’abattre toutes ces tours infernales. Elles ont tant et tant enfanté de misères, d’exclusions et d’injustices ! Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra construire un autre avenir à tous ces enfants, parents pauvres de la République française.

Ces villes-dortoirs, ces cités sans âme, ces tours inhumaines ont vu plusieurs générations d’enfants naître et grandir dans le béton armé. Beaucoup, parmi ces gosses, avaient, auparavant, déjà lancé bien des cris de désespoir. Quelqu’un les a-t-il seulement entendus ? De vous à moi, soyons honnêtes…

La Police et les jeunes de banlieue

Croire qu’il peut exister une société sans police, relève de l’utopie. Dans la police nationale, les agents sont majoritairement honnêtes et intègres. Mais il y a aussi dans ce corps des brebis galeuses. Aussi, Les premiers doivent être respectés, les seconds durement sanctionnés. C’est à la police de faire le ménage et de donner l’exemple. Quant à la jeunesse des banlieues, celle-ci se plaint de brimades, de contrôles au faciès, et de brutalités de la part de certains policiers, et notamment de la BAC, en particulier la nuit. A ce sujet, bien des témoignages concordent.
  

Les pouvoirs publics ont laissé un vide s’installer dans ces cités devenues, au fil des années, des zones de non droit. Des trafics en tous genres s’y sont installés. Une économie parallèle, souterraine, s’y est développée. Il appartient en premier à l’Etat de rétablir l’ordre dans ces cités, mais avec des méthodes et des moyens plus humains et non pas uniquement guerriers. Des citoyens, majoritairement honnêtes, habitent les banlieues et réclament ordre et justice. Le gros risque, aujourd’hui, est de voir ces honnêtes citoyens quitter ces villes sensibles pour aller s’installer dans des endroits plus tranquilles. Ce qui, inévitablement, aurait pour conséquence de laisser la pègre prendre possession des lieux. Je ne pense pas que ce soit l’objectif du ministre de l’intérieur qui a toujours dit que la sécurité devait être la même pour tout le monde, que l’on réside à Neuilly-sur-Seine ou à la Courneuve (département du 93).
 

La police de proximité avait réussi à instaurer un dialogue avec les jeunes des banlieues. Sous prétexte que ce n’est pas le rôle de la police de faire du social, l’actuel Ministre de l’intérieur a rompu ces liens qui se tissaient entre policiers et jeunes. Sans doute, le Ministre n’a-t-il pas tort sur le fond. Mais à présent que ces dialogues sont interrompus, que fait-on ? La police doit, c’est incontestable, se montrer exemplaire lors de contrôle d’identité, ou lorsqu’elle intervient pour une raison ou une autre dans ces zones difficiles. Peut-être faudrait-il une police plus expérimentée et mieux formée aux problèmes des jeunes résident dans les milieux urbains sensibles.
 

L’éducation des enfants

Bien sûr, comme beaucoup de ma génération, je n’aurais jamais toléré que mon fils ou ma fille puissent répondre à son maître ou son professeur, et encore moins qu’ils osent lever la main sur eux. Il est de la responsabilité des parents d’éduquer leurs enfants. L’école ne fait que communiquer une instruction, un savoir. Or, trop d’élèves manifestent et s’expriment avec violence. Les actes d’incivilité se multiplient. Les agressions entre élèves et contre des professeurs sont inquiétantes. Comme tous les parents responsables, je suis scandalisé par cette montée de la violence des jeunes. Bien sûr je tente de comprendre ce phénomène, notamment en m’intéressant aux analyses et réflexions des sociologues et psychologues sérieux. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons trouver des solutions à ce nouveau fléau.

Je ne supporte pas que l’on puisse traiter de barbares les enfants des banlieues, ou de les désigner tous de voyous, de délinquants. Mais lorsque des enfants en arrivent à une telle violence, il est permis de penser qu’il y a eu, forcément, des négligences, des fautes dans leur éducation. Ce n’est pas une accusation, c’est une simple constatation aboutissant à une explication qui me semble plausible.
 

Je suis moi-même père, et à ce titre, je crois aussi que beaucoup de parents se soucient de l’avenir de leurs enfants et font tout ce qu’ils peuvent pour leur donner une éducation convenable. Cependant, lorsque des enfants turbulents atteignent un certain âge, que la mère seule, que les parents, fatigués par leurs soucis quotidiens, n’ont plus la force d’encadrer ces enfants, ces derniers sont vite aspirés, endoctrinés et entraînés par ces bandes nuisibles qui s’adonnent à toutes sortes de trafics.

A la décharge des parents actuels, je pense qu’il est aujourd’hui plus délicat de remplir ses obligations parentales, en matière d’éducation, du fait de tous ces éléments extérieurs à la famille, rendant leurs tâches plus difficiles. Objectivement, cela revient à affirmer que beaucoup de parents ne maîtrisent plus la situation. Dépassés par les événements, ils finissent par se résigner et démissionner. Il faut, cependant, insister sur les obligations des parents d’éduquer convenablement leurs enfants et ne pas hésiter à les aider si nécessaire, notamment par des informations préventives. A force d’avoir laissé trop faire, l’Etat est également responsable de cette dérive des enfants vers la délinquance et la violence.

 
Touhami (bio) – INFOSPLUS



Auteur de : La Déchirure, Algérie de mon père, France de mon enfance

Edition : https://www.edilivre.com/doc/16035

source : https://www.paperblog.fr/2489498/touhami-moualek-l-auteur-de-la-dechirure-algerie-de-mon-pere-france-de-mon-enfance-et-si-nous-faisions-plus-ample-connaissance/

Avec la Solitudine (sortie en 1993) Laura PAUSINI aborde le thème de la solitude.

Elle évoque un ami de classe, Marc, qui serait parti et l’aurait oubliée, d’où une déchirante solitude qui les sépare.
A mon avis, une des plus belles chansons nostalgiques de PAUSINI et du répertoire italien.
Le rapprochement entre cette chanson et le roman de La Déchirure, est véritablement incroyable.

Le soir tombait sur le fleuve ; ses eaux devenaient verdâtres à mesure que le jour faiblissait. Le ciel s’obscurcissait, la lumière perdait de son intensité, et la nuit se préparait déjà à envelopper la terre de son manteau sombre. Le regard d’Hélène s’attardait plus que d’habitude sur le visage de Nabil. Elle savait que la grâce du jour, moribonde, emportait avec elle, sûrement à jamais, le sourire puéril et la voix juvénile de celui qu’elle aimait. Nabil observait le coucher du soleil, avec nostalgie. Cette nouvelle volte-face du temps tournait avec elle une page, celle d’une histoire qu’il avait vécue dans cette belle contrée, où il était né et qui lui appartenait. Une grande partie de sa vie disparaissait, mourait, sous ses yeux émerveillés, au moment où la lanterne géante s’éclipsa de l’autre côté du miroir. Et au loin, monté sur un pur-sang aux sabots légers, la lumière du jour galopait sans bruit, à la recherche d’un refuge pour une nuitée. Tel un fugitif, surpris par ses poursuivants, le temps fuyait, allait d’une face blanche vers une face noire.

Nabil rompit le silence, tenta de dissiper le malaise :

– Allez Hélène, rentrons avant la tombée de la nuit.

– Je voudrais mourir, gémit-elle, d’une faible voix. Pourquoi m’as-tu sauvée de la noyade, Nabil ?

Telle fut sa dernière supplique, son ultime prière adressée au ciel, pendant que le temps glissait du gris clair au gris foncé. Une dernière fois, Hélène se blottit fort contre Nabil, et l’embrassa avec fougue, comme s’il ne s’agissait plus d’un au revoir, mais bien d’un adieu. Les yeux doux, l’air soumise, comparable à un chien implorant son maître, Hélène comprit, avec certitude, que son destin la trahissait.

—Extrait du Roman La Déchirure – Algérie de mon père, France de mon enfance, qui fait l’objet d’une nouvelle publication, sortie en novembre 2009, par les Editions EDILIVRE APARIS. Site : edilivre.com

Touhami INFOSPLUS

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